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Timor-Flores

Posted by on 10 juillet 2013

Depuis 8 ans, la découverte de quelques clichés particulièrement réussis au lever du jour, et les récits passionnés de Chris, je rêvais de Borobudur, de Bromo et de Dieng Plateau, au même titre qu’Uyuni. Les romans de Marc Esposito, puis leur transposition à l’écran (avec le beau Marc Lavoine), m’avaient transportés dans un monde féérique. La musique balinaise et les paysages de rizières en terrasse de « Tout le bonheur du monde » m’avaient envoûtés. Nombreux de mes amis avaient explorés quelques-unes des 17.000 îles de l’archipel, et en étaient revenus enchantés. L’Indonésie se devait donc incontestablement d’être au programme, et elle semblait si riche d’attraits qu’il nous était difficile de décider d’un itinéraire, de nous fixer sur l’une ou l’autre destination. Java et Bali étaient incontournables, mais pour le reste, le choix était cornélien. Sulawesi et son célèbre pays Toraja, Flores et son volcan aux trois lacs colorés, Lombok et son mont Rinjani, et j’en passe, nous attiraient toutes autant. Nous avions finalement opté pour un rapide passage au Timor Occidental et la visite de l’époustouflante Flores, l’une et l’autre îles étant reliées par un vol régulier financièrement très attractif. J’étais impatiente de découvrir les indonésiens, apparemment si gentils et si curieux, les paysages naturels, les rizières et les volcans, la culture balinaise et les vestiges de royaumes oubliés, temples hindous ou bouddhistes.

Pourtant, à l’heure de se remettre en route, nous avons toutes les peines du monde à lever le camp. Nous sommes si bien à Dili ! C’est un peu comme si on était rentrés à la maison. Nous avons repris des habitudes, et surtout, retrouvé des amis. A la pensée de notre départ, nos cœurs se serrent…

Mais il faut bien s’y résoudre! D’autres aventures nous attendent! Le 23 avril, à 8h du matin, Jo nous dépose au bureau de « Paradise Travel ». Nos visas sont dans les passeports, les sacs sont allégés de 20 kilos, et le laptop est cette fois bien dans son étui. En attendant notre bus, des sentiments partagés nous envahissent. On voudrait faire demi-tour. Rattraper Jo et Cordi dans Comodo Road. Annuler ce stupide vol qui nous emmènera loin des Del Bosque. Soudain, nous réalisons que nous sommes sur la « pente descendante » ; nous avons dépassé la moitié du voyage. Nous sommes arrivés à Dili le 26 mars, après presque 4 mois sur les routes d’Amérique latine d’abord, d’Océanie ensuite. A l’heure de quitter la capitale timoraise, le 23 avril, il nous reste moins de 4 mois. A peine plus de 3, en réalité. 13 semaines et une chique. Waw ! ça fait bien peu tout à coup ! On est à deux doigts d’être rentrés, en fait ! On a l’impression qu’en tendant le bras, on toucherait presque la Belgique ! Que le retour, c’est demain ! De réaliser cela, c’est comme un coup de fouet. Il va falloir en profiter un maximum, s’en mettre plein les yeux. A partir de là, chaque kilomètre parcouru, chaque jour qui passe, nous rapproche un peu plus du retour à la réalité, mais aussi de Bruxelles, de nos familles et de nos amis.

Nous embarquons avec une bonne heure de retard dans un minibus non-climatisé à destination de Kupang, au Timor Ouest. Les sièges sont petits : c’est fait pour les Asiatiques, qui sont moitié moins larges que nous. On se contorsionne un peu, au début, pour tenter de trouver une place plus ou moins confortable. Mais après quelques heures, on abandonne ce combat perdu d’avance, et terrassés par la chaleur, on accepte cette petite douleur dans la fesse droite, causée par la structure du trop petit siège.

Sur la partie timoraise du trajet, la route est généralement à l’image de celles que nous avons empruntées depuis un mois dans ce pays. Soit dans un état pitoyable, faite de caillasses et d’ornières, soit en phase d’être améliorée puisqu’en travaux mais du coup, lente et poussiéreuse.

Les frontières terrestres sont toujours des passages un peu particuliers, des moments bizarres d’entre-deux. Celle-ci ne faillit pas à la règle. A peine descendus du minibus, une quinzaine de personnes nous entourent. Ça parle tetoun, bahasa indonesia, et d’autres langues encore, peut-être. La confusion règne. On ne sait pas trop qui écouter : certains veulent nous aider, sans doute, mais tout le monde s’en mêle.

Une fois les formalités passées, le changement est immédiat. La route semble avoir été damée hier ! On dirait qu’on glisse sur des rails. Une ligne de démarcation au centre de la chaussée délimite deux bandes de circulation. Les habitations aussi sont très différentes. De nombreuses maisons « en dur » dont les façades sont peintes de couleurs pastel bordent la route. Quand nous traversons notre première agglomération indonésienne, nous n’en croyons pas nos yeux. Sur cette île éloignée, dont la partie orientale accède à peine à un commencement de développement, les villes ressemblent à des villes. Il y a des trottoirs, des magasins, et même des feux de signalisation.

En fin de journée, nous atteignons Kupang, à l’extrémité ouest de l’île. Il fait déjà nuit quand le bus nous dépose à notre guesthouse, une piaule crasseuse, mais dont le proprio, affable, relève le niveau. A défaut de trouver encore de quoi se sustenter à cette heure tardive, on s’installe avec une bière au bar de la guesthouse où on discute voyage avec un Hollandais qui nomadise dans la région depuis déjà plusieurs mois. On retrouve ensuite notre gourbi pour une courte nuit avant de rejoindre l’aéroport pour nous envoler vers Flores, l’île aux fleurs.

Dès notre arrivée, on est plongé dans l’ambiance indonésienne. Des nuées de personnes s’abattent sur nous pour nous proposer qui un tuk-tuk, qui un taxi, qui une excursion vers Moni. On marche un peu, espérant s’éloigner de cette cohue, mais elle nous poursuit le long de la route. On n’échappe pas facilement à l’obstination des Indonésiens ! On trouve finalement notre route et un techno-bémo (voir la fiche pays Indonésie) pour Wodong, à 30 kilomètres à l’Est de Maumere.

Après deux jours de farniente à Wodong, une plongée sous-marine extra, et une visite éclair de Maumere, on se lance à la découverte du reste de l’île. Pour trouver un moyen de transport pour Moni, c’est déjà toute une aventure. A la gare routière, pendant qu’on attend, c’est l’occasion d’un premier cours de bahasa indonesia. Les Indonésiens sont curieux et ne demandent pas mieux que de faire connaissance.

Et puis le bus se met en branle. Nous découvrons alors, au fil des heures, une île à la nature quasi-vierge, exubérante, luxuriante. Tout est vert autour de nous. La route sinue entre palmiers, bananiers et bambous. Les rizières alentours donnent à notre périple une délicieuse odeur de riz qui pousse. L’île semble indomptée. Notre bus, d’un autre âge, peine un peu dans les lacets très raides de cette route toute neuve. On nous avait promis des crevasses et des nids-de-poule, il n’en est rien. Si ce n’était l’inconfort du petit bus surchauffé, ce voyage à travers une végétation tropicale aurait été idyllique !

Moni nous fait penser à Samaipata, en Bolivie. C’est un petit village niché dans la montagne, en pleine nature. Le lendemain de notre arrivée, nous sommes réveillés à 4h10 du matin par notre chauffeur d’ojek : c’est l’heure du Kelimutu. Malgré l’heure matinale, et nos cerveaux encore embués de sommeil, on fait un brin de causette. Les questions habituelles : What’s your name ? Where from ? Married ? Yes, yes, swami, istri (mari, femme). Ils sont contents. On grimpe à l’arrière de nos motos et c’est parti. On monte lentement dans le froid de l’aube. On est seuls. L’air sent bon. Les arbres autour de nous forment des ombres rassurantes. On passe un petit village où quelques points de lumières apparaissent ça et là : certains sont déjà levés.  Arrivés au parking, on remercie nos sympathiques chauffeurs et on emprunte à pied le sentier qui mène à « Inspiration Point ». Mais après quelques mètres, le sentier s’arrête. De hautes herbes nous barrent la route. On rebrousse chemin, et on constate rapidement notre méprise : le sentier partait dans l’autre sens !

Après une demi-heure de marche, on découvre les fameux trois lacs colorés. A cette heure, ils paraissent bien sombres tous les trois, mais nous savons que le soleil va bientôt nous révéler leurs couleurs chatoyantes. L’astre se montre d’abord timidement, puis inonde petit à petit la plaine de sa lumière. Il y a plein d’oiseaux. Tous célèbrent ce matin qui se lève. La voilà, l’Indonésie de mes rêves !

Devant ce paysage incroyable, on se tait. On admire. On hallucine. Dame Nature nous épate, une fois de plus.

On déguste notre premier café indonésien. Ce n’est pas du tout si infect, finalement !

Les singes envahissent petit à petit le point de vue. Ils se réchauffent au soleil et on dirait qu’ils prennent la pause devant nos objectifs.

On entame notre descente à pied. On croise des vaches, des chiens, des cochons, des moutons. Le sentier traverse des petits villages à flanc de montagne, que le tourisme n’a pas encore atteint. Une petite dame nous hèle de loin pour nous proposer un café, un thé, ou un rafraichissement. Ils ne sont pas si nombreux, les touristes qui passent par là ! On discute un peu, elle nous indique notre chemin et nous souhaite bonne route. On passe par une jolie cascade, et une rivière que surmonte un fragile pont en bambou. On croise des enfants, ravis d’être pris en photo.

Puis, un nouveau bus, on reprend la route vers Ende. On longe la côte, et le paysage est magnifique. La mer caresse inlassablement une vaste étendue de sable gris. Seuls quelques pêcheurs viennent troubler la quiétude de ce mouvement perpétuel.

Après Ende, la route entre dans les terres, et le paysage change. Nous sommes entourés de rizières en terrasses. La route se poursuit au son de Bon Jovi ou de Céline Dion. Notre chauffeur est mélomane !

On ralentit. Il y a un bus dans le fossé. Comme chez nous, les badauds entourent les lieux de l’accident. On traverse encore Boawae, il reste alors 40 kilomètres à parcourir pour arriver à Bajawa, notre destination, et le soleil se couche. On ne sait dans quelle direction fixer son regard tant ce qui nous entoure est magnifique. Il y a des volcans, des montagnes et des rizières. Les couleurs sont soulignées par la douce lumière du couchant.

A Bajawa, on se promène. La longue route de la veille après les quelques heures de randonnée au Kelimutu, ça nous a fatigués. On a bien besoin d’un petit break. Dans un jardin, on aperçoit une jeune femme qui allaite son enfant sur la tombe d’un ancêtre. Etonnés de découvrir une pierre tombale ailleurs que dans un cimetière, on prête plus attention. Et on constate que dans de nombreux jardins, ici, on honore la mémoire des ancêtres.

L’hôtel Edelweiss où on s’est installé nous paraît agréable, perdu dans ce petit village de montagne. On décide de rester un jour de plus. Chris part à la découverte d’un grand marché de fruits et légumes pendant que j’écris. On booke notre bus pour Labuan Bajo, à l’Ouest de Flores, pour le lendemain.

A l’aube (encore !), on vient nous chercher à l’hôtel. A peine le temps d’avaler un délicieux banana pancake et nous sommes partis.

En fait, pas tout à fait ! On poireaute à la gare routière, ou ce qui en tient lieu, qui s’apparente quelque peu à une décharge publique ! Autour de nous, des enfants reniflant et toussant nous semblent à la limite de la bronchite, voire de la tuberculose.

On démarre enfin. Dans le bus, plusieurs personnes reniflent un petit flacon qui dégage une odeur très forte ; un remède pour le mal des transports. Une potion soi disant miracle, digne sans doute de ce que les représentants de commerce vendent dans les bus en Amérique Latine ! Cela n’empêche pas nos voyageurs d’utiliser un à un tous les sachets en plastique prévus à cet effet.

Après de longues heures à travers les paysages majestueux de Flores, nous arrivons à Labuan Bajo. Le relief accidenté qui caractérise l’île s’arrête ici : la montagne descend en une fois dans la mer. Nous surplombons un instant la baie. Le soleil se couche, nous gratifiant d’un des paysages les plus magiques qu’il nous ait été donné de voir : un ciel rougeoyant, se mirant dans les eaux, parsemées des milliers de petits îlots.

On entre d’abord dans une ville sombre, poussiéreuse. Puis, lorsqu’on rejoint le front de mer, les enseignes lumineuses et l’animation en technicolor nous sautent aux yeux. Nous voilà arrivés dans la ville dans la ville, le Labuan Bajo des touristes. Deux rues qui longent la mer, bordées de restaurants, guesthouses, hôtels, centres de plongée et agences de voyage. C’est auprès de l’une de ces dernières que nous réservons les deux jours en bateau qui nous mèneront à Lombok, d’où nous rallieront Bali.

Malgré le côté peu authentique de ces deux rues fort touristiques, nous nous plaisons bien à Labuan Bajo. Il faut dire que Flores n’est pas particulièrement fournie en infrastructures touristiques dignes de ce nom ! Nous sommes donc bien contents de découvrir les petits restos au cadre sympa, les cafés tranquilles et les quelques magasins. Nous découvrons en primeur la cuisine balinaise, au Pesona. On est séduits ! La dernière journée sur Flores se passe à flâner, entre le port et le point de vue, un petit verre et un peu de shopping. En fin d’après-midi, on récupère les sacs à dos, et on rejoint l’agence, d’où l’on nous emmène à l’embarcadère où mouille notre magnifique bateau Perama. C’est parti pour la mini croisière !

 

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