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Sud Lipez et salar d’Uyuni

Posted by on 20 avril 2013

Il est des lieux dans le monde qu’il suffit d’évoquer pour faire naître dans les yeux de quiconque des étincelles d’envie, pour faire rêver. Les mots « Taj Mahal » ou « Machu Picchu » par exemple, ont toujours résonné à mes oreilles comme autant de trésors cachés, d’un exotisme absolu.

A force d’en entendre parler depuis 8 ans, le Salar d’Uyuni était devenu dans mon esprit un de ces lieux magiques. La perspective de fouler son sol d’un blanc immaculé ou de se perdre dans cette étendue désertique était devenue pour moi une sorte de graal, le rêve suprême. J’étais certaine d’y approcher le summum de la beauté du monde.

Cathédrale de Tupiza

Mes attentes étaient donc énormes, et plus on s’approchait de la région de cette merveille, plus mon impatience et mon excitation grandissaient.

A la gare routière de Sucre, nous décidons sur un coup de tête de faire une croix sur Potosi, la ville la plus haute du monde, et d’aller plus au sud, espérant ainsi éviter les trombes d’eaux qui s’abattent sur tout l’Altiplano. Nous montons donc à la dernière minute dans un bus de nuit pour Tupiza, d’où nous prévoyons d’organiser notre « Tour d’Uyuni ».

En effet, suivant les conseils de Marie Timmermans, notre belge de Huaraz, nous avons décidé de « faire Uyuni » depuis Tupiza, qui se trouve au sud du désert de sel, pour être à contre courant, et éviter les hordes de touristes qui partent tous en même temps d’Uyuni.

Nous débarquons à Tupiza à 3h du matin, après un trajet pour le moins éprouvant, vu l’odeur pestilentielle qui se dégageait des toilettes condamnées du bus…

A notre arrivée, notre surprise est totale : Tupiza est sous eaux ! La ville est totalement inondée et nous avons toutes les peines du monde à nous frayer un chemin dans les rues transformées en torrents…

Nous nous réfugions dans le premier hostal qui nous ouvre ses portes à cette heure tardive pour se mettre au sec et finir la nuit.

Le lendemain, nous découvrons une ville sans charme. C’est dimanche et il fait maussade. Les rues semblent toutes être en travaux, il y a des amas de gravats partout… Voitures et piétons tentent de contourner les énormes flaques d’eau qui s’étendent au milieu des rues, signe des importantes précipitations des derniers jours. Dans la rue principale, une enfilade de restaurants touristiques affichent tous le même menu, dans un décor identique.

Bien décidés à ne pas faire long feu, nous partons tout de suite en quête d’un tour organisé pour Uyuni et le Sud Lipez. A l’agence, on apprend qu’à cause des précipitations, le Salar est inondé lui aussi, et que d’autre part, un conflit fait rage entre deux villages du Sud Lipez à l’entrée du parc national, ce qui fait qu’une partie de celui-ci n’est pas accessible. Déçus, on quitte l’agence sans avoir réservé notre place. Nous voulons d’abord y réfléchir.

Le rêve tant attendu va-t-il nous claquer dans les doigts ? Allons-nous renoncer à ce highlight du voyage sous prétexte que nous n’en verrons qu’une partie ? Nous l’envisageons sérieusement… Le Nord de l’Argentine n’est pas loin, nous pouvons quitter la Bolivie tout de go et explorer un peu plus que prévu cette région paraît-il magnifique… Nous hésitons quelques longues minutes avant de nous décider. Mais être venus jusqu’ici et ne pas faire Uyuni ? Non, ce serait trop bête !

Nous retournons à l’agence mais entre-temps, d’autres touristes moins hésitant ont pris les deux places que nous convoitions dans la jeep. On a raté le coche ! Il va nous falloir attendre un jour de plus à Tupiza que d’autres touristes arrivent pour former un groupe de 4 avec nous ! Dépités à l’idée de devoir passer un jour de plus sur place, nous décidons à tout le moins de quitter notre sinistre hostal pour un établissement un peu supérieur, qui offre la possibilité de profiter d’une piscine. Sait-on jamais…

Et, coup de chance, le lendemain, la vague de précipitations s’est éloignée, et la ville qui nous avait paru fort peu charmante la veille se révèle tout à fait agréable sous le soleil ! L’enfilade de restaurants touristiques a presque perdu son côté pathétique ! Au marché, nous nous régalons d’un petit déjeuner local fait de beignets et d’api (une boisson chaude à base de mais rouge dont le goût s’apparente à de la compote de pomme), avant de profiter pleinement de la piscine.

Le lendemain, c’est le jour J ! C’est parti pour 4 jours de découvertes sur les routes du Sud Lipez !

Dès le départ, on s’émerveille. La route serpente d’abord à travers des pics rocheux rouges, aux formes phalliques, nous laissant penser qu’on est au Far West. Seuls quelques cactus impriment un peu de vie dans ces paysages lunaires dominés par des tons carmin, ocre et olive. Puis le paysage devient plus vert, et nous rencontrons nos premiers lamas.

Nous traversons ensuite un paysage de collines désolées, parsemées de petits buissons verts. On dirait une colonie de petits porcs-épics. La route nous laisse apprécier toute une palette de couleurs, allant du vert gazon au vert d’eau, en passant par des nuances de bleu. On découvre des falaises et des canyons, où la roche semble avoir été découpée au couteau, puis des amas rocheux bizarres, comme si un géant avait essayé de faire une tour en superposant des galets plats les uns sur les autres.

Chaque instant, l’environnement change. Nous sommes éblouis. Et dire qu’on a failli passer à côté de tout cela !

J’aimerais vous dire que je vais laisser parler les photos. Ce serait certainement plus facile que de tenter de vous décrire ce que nous avons vécu, de mettre des mots sur tant de beauté. Mais les photos, n’en déplaise au photographe, ne reflètent pas l’immensité. Elles ne sont pas à la hauteur. C’est comme si cette région, le Sud Lipez, c’était trop de lumière, et trop de pixels, pour qu’un appareil photo puisse en saisir toute la magie…

Déjà, nous découvrons un nouveau paysage. On se croirait en Australie, à Ayers Rock, au milieu de formations rocheuses rouges. L’instant d’après, nous sommes de retour chez nous, à la mer du Nord, entourés de dunes de sable plantées d’oyats.

Les couleurs sont indescriptibles. Il y a du bordeaux, de l’ocre clair et de la terre de sienne, du vert pomme et du vieux rose, des tâches vert olive, puis des rouges presque fuschia.

La piste, elle aussi, nous réserve des surprises. Tantôt nous cahotons sur un sol sec et poussiéreux, entre les caillasses, tantôt nous avançons prudemment sur un sol meuble, marécageux. Certaines zones d’un vert humide paraissent spongieuses, tandis que d’autres sont boueuses et molles comme la plage à marée basse.

Carmello, notre chauffeur, nous semble maîtriser la traversée des rios en 4×4. Nous ne savons pas, en passant entre ces eaux rouges comme la terre, que ce n’est que le début de notre aventure !

Nous arrivons en fin de journée à San Antonio de Lipez, où nous passerons la nuit. L’endroit est spartiate et perdu au milieu de nulle part. On aperçoit le sommet enneigé d’un volcan. Nous profitons des derniers rayons du soleil, assis sur des chaises en plastique, en sirotant un café. Autour de nous, un horizon sans fin, une étendue immense. Rien que cette nature époustouflante, à perte de vue.

Josepina, notre cuisinière, nous prépare un repas de rois, fait de soupe et de galettes de légumes. Nous nous ruons tous dessus. Les émotions, ça ouvre l’appétit !

Cette première journée nous a laissé repus, et pourtant, nous n’avons encore rien vu ! Nous allons traverser des paysages à couper le souffle non stop pendant les jours qui suivent. Des lagunes de toutes les couleurs. Des pics enneigés. Des rochers rouges, verts, et même bleus… Des étendues désertiques à perte de vue. Nous allons passer des cols et traverser des rivières et des fleuves. Déraper dans la neige. S’embourber. Voir des geysers et des fumeroles qui sortent du sol. Croiser des viscaches, des lamas, des vigognes, des flamants roses, des autruches… Mais pas une âme qui vive, pendant des kilomètres. Nous allons sentir le froid, la neige et le vent des hauts plateaux. Nous allons en prendre plein les yeux. Découvrir des nuances de couleurs dont on ignore le nom. Sentir le soleil brûlant, et cette lumière incroyable. S’émerveiller devant ce ciel si bleu. S’arrêter dans des cahutes toutes paumées au milieu de nulle part pour dormir.

Nous allons découvrir dès le lendemain que chaque jour nous réserve son lot d’aventures et de surprises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le second jour, on découvre un paysage de haute montagne. On est entourés de sommets d’un blanc immaculé. Dès le matin, nous nous rapprochons des cîmes. Il a beaucoup neigé pendant la nuit, et la piste est glissante. Nous formons un convoi de 3 Jeeps, et la solidarité entre les chauffeurs va vite nous frapper.

Nous traversons sans heurt un premier rio, dont les eaux sont bien plus vives que la veille. On sent Carmello très attentif. Mais dès le second rio, ça patine ! Nous sommes bloqués au milieu des eaux! Heureusement, notre convoi est bien organisé. La voiture qui nous suit se met en place, nous tracte, et nous voilà sortis de ce faux pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

On traverse ensuite le village originaire de San Antonio de Lipez, abandonné depuis belle lurette et laissé aux viscaches, à 4600 mètres d’altitude. Puis on prend encore de la hauteur. Autour de nous, le sol est piqueté de blanc. Il nous faut passer un col. La première voiture s’embourbe. Tout de suite, les 3 chauffeurs se mettent à l’ouvrage, pendant que Josepina supervise ! Ils creusent pendant une bonne heure, et après 4 essais infructueux, ça passe enfin. Nous passons en second, puis la dernière voiture suit dans la foulée. Nous poussons tous des cris de joie ! Mais une demi-heure plus tard, c’est à notre tour de nous embourber. A nouveau tractés, nous nous en sortons assez facilement, tandis que la troisième voiture, qui nous suit, s’embourbe plus profondément. Le tractage s’avère inefficace. Il va falloir pousser ! Nous nous y mettons tous.

Heureusement, les mésaventures s’arrêtent là, et la pause déjeuner nous réserve une surprise de taille puisque nous découvrons, très émus, notre première lagune, la laguna Morejon, dans une vaste étendue battue par les vents.

L’après-midi, on se croirait dans le grand ouest américain, entre le Grand Canyon et Death Valley. Puis, après un désert de pierres rouges, le paysage s’aplanit. Pendant des kilomètres, il n’y a plus rien, à perte de vue. Même la végétation a disparu. Les deux français avec qui nous voyageons se sont endormis. Carmello se détend et on se sourit à travers le rétroviseur. Il neige.

Soudain, il nous fait un signe. Loin devant, une tâche de lumière est apparue. Elle grandit au fur et à mesure que l’on s’en approche. C’est la Laguna Colorada. Une merveille de la nature, où des milliers de flamants roses ont élu domicile. C’est irréel tellement c’est beau. Nous nous y arrêtons longuement, et nous pataugeons gaiment dans le sel de la lagune.

Ensuite, nous faisons un dernier crochet pour aller voir les geysers bouillonnant à plus de 5000 mètres avant de rejoindre notre refuge pour la nuit.

Le troisième jour, c’est le jour des lagunes. Nous allons d’étonnement en émerveillement. Après un premier stop près de la laguna Colorada que l’on se ne lasse pas d’admirer, nous regardons notre première lagune du jour, turquoise et blanche, de loin, avant de nous approcher de la laguna Honda, en forme de fer à cheval. On dirait une pub pour Evian tant la montagne se reflète parfaitement dans l’eau ! Ensuite, nous découvrons la laguna Charcota, qui doit son incroyable couleur rouge à la présence d’arsenic et accessoirement aux nombreuses algues. La quatrième, la laguna Hedionda doit, elle, sa couleur verte à la présence de souffre. Une délicieuse odeur d’œuf pourri flotte d’ailleurs dans l’air. Nous découvrons avec amusement que cela n’a pas empêché l’ouverture d’un Eco-hotel dans ce coin perdu du Sud Lipez. Il porte le nom des magnifiques oiseaux roses « Los Flamingos » et semble bien plus confortable que nos abris spartiates ! Mais ce soir, nous serons à Uyuni, et nous aurons non seulement des chambres matrimoniales, mais aussi la possibilité de prendre une douche, c’est la fête !

Nous déjeunons près de la cinquième lagune du jour, la magnifique laguna Negra, habitée par des oiseaux rieurs. Il nous reste à découvrir le célèbre « arbol de piedra » et la Vallée de las Rocas avant de rejoindre la ville d’Uyuni. La route est longue et monotone, et nos compagnons de voyage se laissent gagner par le sommeil. Pendant ce temps, nous rêvons, les yeux perdus au loin… Le sable danse… En fin d’après-midi, nous traversons une zone inondée. Il y a de l’eau de part et d’autre de la route. Nous nous arrêtons encore au cimetière des trains, l’occasion d’une amusante séance photo.

Le quatrième jour, c’est déjà la fin. Mais il reste une découverte de taille : le fameux Salar ! Et nous ne sommes pas au bout de nos aventures…

Le réveil sonne bien avant l’aube pour nous permettre de rejoindre l’étendue de sel pour le lever du soleil. Nous prenons la route, encore un peu endormis, mais malheureusement, notre 4X4 nous réservait une dernière surprise, et à mi-chemin, c’est la panne. Carmello a beau faire, la voiture ne veut plus démarrer. L’autre jeep n’a pas prêté attention à ses appels de phare, et elle est déjà loin. Carmello essaie d’appeler, mais il ne parvient pas à joindre son collègue. Il s’affaire dans le moteur. Nous patientons. Deux bonnes heures sont passées, et le soleil est déjà bien haut quand une voiture vient nous chercher. Carmello est finalement parvenu à passer un coup de fil. C’est un taxi qu’il charge de nous conduire au Salar. Mais arrivée devant l’étendue d’eau, le chauffeur s’arrête. Il nous montre l’eau et nous dit qu’il ne peut pas aller plus loin, ce serait trop dangereux. Et quoi, c’est ça le Salar ? Ce n’est même pas blanc. Il veut nous planter là, mais il n’y a rien, là où nous sommes ! On fait donc demi-tour. Retour à la case départ.

Nous retrouvons Carmello toujours penché la tête dans le capot. Pour finir, Fernando, le chauffeur de la seconde jeep, revient nous chercher. Nous allons enfin découvrir ce fameux désert de sel.

Arrivée devant l’étendue d’eau, Fernando confirme : c’est bien cela, le Salar. Il a juste tellement plu qu’il est recouvert d’eau, et forme un immense lac salé. Mais au lieu de s’arrêter là, Fernando poursuit bravement sa route, sûr de lui, à travers les flots. Nous hallucinons ! Petit à petit, on aperçoit des taches blanches à la surface, et on découvre qu’en effet, en dessous de l’eau, le sol est blanc ! Après une demi-heure de route dans ce no man’s land incroyable, nous arrivons à destination : le musée de sel, une maison construite en sel sur un petit monticule de sel qui permet de « mettre pied à terre ». Nous nous débarrassons bien vite de nos souliers pour aller batifoler dans l’eau. C’est tellement salé que ça pique la peau ! Mais cela n’empêche pas de faire une petite séance photo bien méritée !

 

 

 

 

 

 

 

Le retour sera plus calme. Carmello a récupéré à Uyuni toute sa petite famille qu’il ramène avec nous à Tupiza. Le « tour » à proprement parler est terminé. Mais on ne se lasse pas d’admirer le paysage. Nous discutons avec Josepina, que l’on félicite pour ses dix enfants, et qui à son tour, et sans ironie, nous félicite de ne pas encore en avoir à notre âge. A notre âge, elle en avait déjà six…

La nuit est déjà tombée quand nous arrivons à Tupiza, des images incroyables plein la tête et des étoiles dans les yeux.

One Response to Sud Lipez et salar d’Uyuni

  1. Laurence

    Il n’y a qu’un mot: Wawww!
    Et un souhait: je veux voir ça!!!
    Je vous embrasse

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