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Santa Cruz de la Sierra

Posted by on 8 février 2013

« Vol Iberia IB2762 opéré par American Airlines à destination de Madriami. Embarquement immédiat à la porte A42 »

« Chers passagers, nous allons bientôt entamer la phase d’atterrissage. Veuillez vous assurer que votre ceinture de sécurité est bien attachée, que votre siège est remonté et que la tablette devant vous est bien rabattue. »

« Bienvenue à Madriami. La température au sol est de 34°C. Le ciel est bleu, faiblement parsemé de nuages d’altitude. Le taux d’humidité atteint aujourd’hui 88%, légèrement en baisse par rapport à ces derniers jours.

Au nom de tout l’équipage, je vous souhaite un agréable séjour à Madriami. Merci de voler avec American Airlines. A tout bientôt sur nos lignes. »

Nous posons nos valises à la réception du Jodanga HI. Nous réglons le « breakfayuno ». Nous nous servons copieusement au buffet et nous nous régalons de fruits, le regard plongé au fond de la piscine.

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec son parlophone vidéo et ses hauts murs de façade aveugles, notre petit paradis a délibérément choisi de rester à l’abri des regards. Les voisins ont adopté la même philosophie. Les villas sont à peine discernables derrière leurs murs et grilles de protection, les petits magasins de proximité sont grillagés, le projet de gratte-ciel au bout de la rue se développe secrètement derrière d’immenses portes de chantier en bois plein et des gardiens surveillent certaines rues adjacentes en lisant la gazette du coin assis sur une chaise en plastique devant leur guérite.

Sur la chaussée, les véhicules particuliers, quasi absents de nos routes ces dernières semaines, abondent. Les Peugeot, Fiat, Volkswagen, Ford, Chevrolet nous rappellent que le parc automobile mondial n’est pas duopolistique, déchiré entre Toyota et Nissan. Quelques Corvette, Mazerratti, Lamborghini, Ferrari, Jaguar nous rappellent que certaines automobiles relèvent de l’art et que l’art n’est pas à la portée de tous.

Dans ce décor floridien, les transports collectifs, superstars des Andes, luttent pour garder une place sur la voie publique tant leur rythme saccadé fait d’arrêts et d’accélérations entre en conflit avec les trajectoires invariables des grosses cylindrées automatiques.

Par ailleurs, les piétons, déjà parents pauvres des voies de circulation, semblent avoir cédé le peu de pouvoir qu’ils ont réussi à préserver ailleurs. Pourtant, l’altitude de 3500 mètres en dessous du lac Titicaca (417 mètres au-dessus de la mer), semblable à celle qu’on trouve dans la capitale espagnole rend les déplacements à pied bien plus aisés que dans nos précédentes destinations. En traversant le Parque Urbano, nous sommes surpris par le nombre de joggeurs qui y tournent en rond. Nous ne nous rappelons plus avoir vu quiconque faire d’effort physique de loisir depuis les Liméniens qui courraient sur la promenade vertigineuse de Miraflores, surplombant l’océan.

Nous laissons les Madriamiens se fatiguer pour le plaisir tout seuls et nous rejoignons le centre-ville à pied en essayant de ne pas se faire écraser sur les passages cloutés, se réfugiant au plus vite sur les trottoirs.

Plus nous nous rapprochons du centre, plus nous défilons devant des vitrines de boutiques luxueuses. Se succèdent des opticiens lumineux, d’élégants centres de beauté, des magasins de vêtements branchés, des hôtels étoilés, des restaurants huppés, des ateliers d’architectes, des études de notaires, des centres de kiné, des cabinets de médecins et d’avocats.

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus nous marchons dans la plus grande ville de Bolivie, plus nous nous étonnons de la différence d’avec le reste du pays. Et plus nous comprenons, à défaut de les cautionner, les raisons qui motivent la volonté d’autonomie des habitants de l’Oriente Bolivien dont Madriami est la locomotive.

Plus nous sillonnons les rues, plus nous réalisons la densité de pick-ups privés dans la circulation. Soudain, surgit alors un étrange véhicule hybride. Fusion d’une calèche et d’une remorque, ce char tiré par un cheval transporte deux hommes et leurs marchandises. Ils tentent vaille que vaille de se frayer une place dans le trafic, réussissant même à faire dévier de leur trajectoire monotone et bien rangée les gros 4×4 à passager unique.

Quelques instants plus tard, nous assistons à une répétition de chorégraphie en pleine rue. Au rythme de musique sudaméricaines, de jeunes filles d’un côté, de jeunes garçons de l’autre, s’exercent sous les ordres de leur professeur. Sommes-nous encore à Madriami ? Avons-nous soudain passé la frontière brésilienne ?

Un autre char hippotreuillé croise l’horizon. Madriami serait-elle en Louisiane ?

Autour des danseurs, des échoppes de fortune servent des brochettes et du riz. Complètement déboussolés, nous avons du mal à comprendre où nous sommes !

La brochette de mauvaise viande avalée, nous profitons de sa longue digestion pour tirer tout cela au clair. Sous ses airs de capitale espagnole et avec ses allures de riche ville américaine excentrique, Santa Cruz nous sera d’abord apparue comme un hologramme de certaines villes occidentales. Mais, n’en déplaise à certains, Santa Cruz garde bel et bien de nombreuses facettes boliviennes. Le moteur économique du pays a plus à offrir qu’une pâle copie d’environnements connus. Nous n’avons malheureusement pas fait l’effort de mieux connaître celle qui apparaît bien plus souvent sur les circuits d’affaires que sur les circuits touristiques. Encore fatigués par nos 4 semaines andines, nous avons plutôt profité de la piscine de Jodanga HI, de sa très bonne connection internet, de ses caïpiriñhas à 1,7 € et surtout de la rencontre de 4 filles formidables. Car oui, avouons-le, si nous avons passé 4 nuits à Santa Cruz, c’est principalement à cause, enfin grâce, aux « Baroudeuses en Amérique du Sud » (voir leur blog). Ce quatuor de jeunes diplômées bruxelloises, version féminine des mousquetaires d’il y a 8 ans, sont très clairement notre meilleure rencontre de touristes du voyage jusqu’ici. Très séduits par ces drôles de dames, nous avons même fait durer le plaisir, visitant la mission jésuite de San José de Chiquitos à 6 et faisant ensemble une journée de trek au Parc Amboro. Mais tout cela, c’est pour les prochains articles !

2 Responses to Santa Cruz de la Sierra

  1. Aline

    Je relis vos articles sur la Bolivie avec une petite larme, merci pour vos compliments.
    Vous avez ete sans nul doute, vous aussi, une de nos plus belle rencontre!

    • BelleChris

      Bon retour à Bruxelles, les filles! On se voit sans faute à notre retour pour se remémorer tous ces bons souvenirs ensemble!

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