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Vallée sacrée et Machu Picchu

Posted by on 13 janvier 2013

 

Nous vous avons longuement conté, dans un précédent post, tout l’attrait de la ville de Cusco et son effet enchanteur immédiat. Cependant, au delà des richesses qu’elle recèle, la ville sert également de point de départ à la découverte d’une région qui fait le bonheur des archéologues comme des randonneurs : la vallée sacrée.

S’étendant de Cusco au célèbre Machu Picchu, cette région compte des sites majeurs comme les citadelles incas de Pisac ou d’Ollantaytambo, qui dominent les méandres du fleuve Urubamba, mais aussi de célèbres salines (les Salinas de Maras) ou encore des marchés andins ou de charmants villages comme Maras ou Chinchero.

Depuis Cusco, de nombreuses agences proposent des tours de la vallée. Selon le Lonely Planet, mieux vaut cependant explorer cette région rurale à son rythme. Que faire ? Ayant déjà passé quelques jours à Cusco, nous ne disposions plus d’énormément de temps, et nous ne voulions pas passer à côté de l’une de ces merveilles… Nous avons donc « coupé la poire en deux » ! Nous avons opté pour un tour d’une journée à la découverte des sites majeurs de la vallée : Pisac, Ollantaytambo et Chinchero et nous avons décidé qu’au retour de notre visite de Machu Picchu nous prendrions notre temps pour découvrir le village d’Ollantaytambo ainsi que le site de Moray et les salines de Maras.

Nous voilà donc partis avec le mini-bus du tour organisé, en compagnie de treize autres touristes, vers Pisac. Nous découvrons, au pas de charge et au milieu de dizaines d’autres groupes de touristes notre première citadelle inca. D’impressionnantes cultures en terrasses couvrent les flancs de la montagne. La falaise qui nous fait face, de l’autre côté, est percée de trous. Notre guide nous apprend qu’il s’agit de sépultures incas. L’endroit invite à la contemplation. D’ailleurs, une délicate musique accompagne nos pas : un talentueux flûtiste fait résonner les notes de son instrument à travers le site. Mais déjà, il nous faut quitter l’endroit sans avoir eu l’occasion de grimper au sommet : le timing est serré dans ce genre de tour et la visite de Pisac comprend également une halte dans son célèbre marché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons notre bus, et nous faisons connaissance avec Angus, un australien installé à Londres depuis de nombreuses années et travaillant dans le cinéma. Lui non plus n’est pas convaincu par le rythme de notre tour. Il nous explique d’ailleurs qu’il ne nous suit pas au marché, il a quelqu’un à rencontrer ici.

Très vite, nous comprenons la raison de l’empressement de notre guide à quitter les ruines pour nous emmener au marché. Il nous entraine dans un petit magasin de bijoux dont il nous vente les produits. Nous voilà contraints de suivre une petite mise en scène sur le travail de l’argent et des pierres. Un établi est installé au fond du magasin, où un soi-disant artisan s’installe pour nous faire une démonstration pendant que nous écoutons bravement les explications de la vendeuse. Notre guide nous recommande ensuite un établissement pour un en-cas typique de la région. On suppose qu’il aura une petite commission en cas d’achat dans les deux magasins. Voilà ce qu’on tente habituellement d’éviter… Cette expérience nous renforce dans l’idée que voyager de façon plus indépendante et plus lente nous convient mieux. On voit moins de choses, mais on est maître de son temps. Libres de décider, par exemple, de passer une heure de plus à explorer les ruines…

De retour dans le bus, Angus nous explique qu’il est allé à la rencontre d’une petite communauté qui vit recluse dans les environs et procède à des rites « San Pedro ». Le San Pedro est un cactus qui possède des propriétés hallucinogènes. Les membres de la communauté en absorbent, puis discutent de leur expérience…

Le bus fait une halte à Urubamba, petite ville sans intérêt sur le chemin, pour le lunch.

Puis, nous reprenons la route en direction d’Ollantaytambo. Le village, qui a conservé sa facture inca, ses petites ruelles, son système d’irrigation, et ses grosses pierres carrées, nous paraît charmant. Nous faisons halte au pied des ruines.

Soucieux de ne pas avoir la même « blague » qu’à Pisac, nous pressons le guide, désireux de partir à l’assaut de ces ruines splendides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ollantaytambo nous éblouit ! Ici, les conquistadors perdirent une bataille majeure. Nous nous sentons immédiatement solidaires de ces hommes qui, du haut de l’impressionnante forteresse qu’ils avaient construite, ont repoussé les présomptueux espagnols !

 

 

 

 

 

 

L’histoire raconte que les hommes de Pizarro, tentant de capturer l’inca, ont été arrêtés par une pluie de flèches, des lances et même de rochers lancés du haut de la citadelle. De plus, grâce aux canaux d’irrigation ingénieusement prévus, les incas inondèrent la plaine, de sorte que les chevaux des espagnols s’embourbèrent ! Les incas victorieux auraient ensuite poursuivi leurs assaillants dans toute la vallée !

Nous arpentons les terrasses et les chemins incas qui traversent le site et nous ne nous lassons pas d’admirer l’ingéniosité des constructions. Nous restons notamment bouche bée en réalisant le chemin parcouru par les incas pour amener les énormes pierres en haut du site. La carrière est à plusieurs kilomètres, de l’autre côté du fleuve, et la pente depuis le sommet est vertigineuse…

Après l’imposant Ollantaytambo, nous arrivons juste à temps avant la tombée du jour pour voir les ruines de Chinchero. Plus modestes, elles n’en sont pas moins belles, et nous savourons le plaisir d’être presque seuls sur le site. Nous découvrons encore la jolie église coloniale que les espagnols ont édifié sur le site avant de prendre le chemin du retour vers Cusco.

Après cette première journée de visites dans la vallée sacrée, nous voilà à l’aube de l’un des « highlight » du voyage : Machu Picchu !

Si, comme nous vous l’avons dit dans un précédent post, tous les chemins mènent à Cusco, pour Machu Picchu, c’est une autre histoire ! Il y avait, jusqu’il y a peu, un seul chemin possible pour atteindre ce monument de l’Histoire et du tourisme péruviens : la ligne de train Cusco-Ollantaytambo-Aguas Calientes. Pas d’itinéraire « bis » possible, il fallait passer par le train de la compagnie Perurail ! Depuis Poroy, à une encablure de Cusco, pour les plus pressés, et depuis Ollantaytambo pour les voyageurs « low budget » qui font la première partie du trajet (Cusco-Ollanta) à bord d’un collectivo.

Un unique choix se pose à celui qui veut partir à l’assaut de la cité inca : avec ou sans trek. En effet, il y a là un chemin de randonnée exceptionnel, créé par les incas. Au départ d’Ollantaytambo, « El Camino del Inca » est un trek de 4 jours à travers les montagnes. Il permet d’atteindre Machu Picchu par le versant opposé, au petit matin, avant tout le monde. Mais laissons de côté ces courageuses et prévoyantes personnes (le trek se réserve 6 mois à l’avance) qui s’attaquent au « Camino del Inca » !

Pour notre part, nous avons décidé d’emprunter le chemin des écoliers ! En effet, il y a depuis peu un chemin « alternatif » au départ de Cusco : le chemin de Santa Teresa. Plus long, beaucoup moins cher, et plus aventureux, ce chemin attire de plus en plus de voyageurs.

 

 

 

 

 

Levés à l’aube, nous quittons Renaldo et ses bons conseils et prenons un taxi jusqu’à la sortie de Cusco d’où partent les minibus pour Santa Maria, sous une drache pas vraiment rassurante, sachant que la route que nous allons emprunter est en partie une piste non goudronnée où il peut y avoir des glissements de terrain.

En fait de piste, nous avons une bonne surprise puisque la route a été asphaltée et est parfaite. Quatre heures plus tard, nous sommes à Santa Maria. Là, nous changeons de transport et nous prenons un collectivo, à savoir une voiture que nous partageons avec un péruvien et deux écoliers qui rentrent chez eux. Quelques kilomètres après la sortie de Santa Maria, la route, effectivement non goudronnée celle-là, serpente dans la montagne, révélant des paysages à couper le souffle. Entre Andes et Selva (jungle), nous suivons le cours de l’Urubamba en contrebas. Arrivés à Santa Teresa, on change une fois de plus de transport et on embarque dans un minibus pour Hidroelectrica.

Il est midi et demi lorsque nous entamons la balade qui mène d’Hidroelectrica à Aguas Calientes. Deux heures trente de marche le long du chemin de fer. On se croirait dans « Tintin et le Temple du Soleil ». Nous cheminons en pleine nature avec une jeune fille coréenne qui voyage seule et qui est donc ravie d’avoir un peu de compagnie. Nous sommes émerveillés par les paysages d’un vert presque irréel, les flots violents de l’Urubamba et les montagnes qui nous entourent…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au détour d’un coude de l’Urubamba, Aguas Calientes se révèle enfin. Nous nous couchons tôt : la journée a été longue et riche en émotions et le réveil sonne à quatre heures le lendemain. Eh oui, le Machu Picchu, ça se mérite ! Nous voulons être au pont sur l’Urubamba quand il ouvre, à cinq heures du matin, afin d’espérer être dans les premiers à l’entrée du site.

Il va nous falloir une heure d’ascension, marche après marche, pour atteindre le portique d’entrée. Nous grimpons ces escaliers incas, accompagnés du chant des oiseaux, et chaque pallier offre une vue nouvelle sur les paysages alentours. On prend de la hauteur et petit à petit, toute la magie se révèle…

Il est 6 heures lorsque nous atteignons notre but. Depuis la cabane du gardien, nous contemplons le Graal ! Le soleil se lève sur les montagnes, c’est majestueux. L’émerveillement est total.

Le site n’en finit pas de se laisser découvrir. Nous flânons au travers des ruines, découvrant les temples, l’observatoire astronomique, les maisons,…


A dix heures, nous avons rendez-vous avec le Huayna Picchu, le jeune sommet. Cette montagne, surplombant le site, offre une vue imprenable sur celui-ci, et la plus belle photo à ceux qui ont la hardiesse de la gravir. Seul deux fois 200 personnes (200 à 7h et 200 à 10h), décidées et volontaires, ont pu réserver à l’avance le droit de suer pour tenter de gagner ce moment. Et nous en sommes ! A 10h30, dans la file, nous ignorons jusqu’où nous irons. Une heure plus tard, au sommet, nous posons pour la fameuse photo. Quelle satisfaction !

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais déjà nous devons redescendre ! Nous avons réservé notre place dans le train de retour pour Ollantaytambo à 14h55 et il ne nous attendra pas ! Nous dévalons les marches quatre à quatre.

Arrivés sur place, nous profitons de la quiétude du magnifique village et nous nous installons sur une terrasse sur la Plaza de Armas. Nous savourons le souvenir de cette journée incroyable…

Il nous reste à découvrir Moray et Maras, auxquels nous avons décidé de consacrer la journée du lendemain. Nous quittons donc la charmante Ollantaytambo de bonne heure, direction Urubamba. Là, nous empruntons un bus à destination de Cusco, qui nous dépose à l’embranchement de la « carretera » pour Maras. Un collectivo attend d’avoir assez de passagers : il est pour nous.

Notre chauffeur nous amène au centre de Maras, où nous découvrons que Moray est à 9 kilomètres. D’après lui, les salines sont encore plus loin, et dans l’autre sens. Nous aurions donc nécessairement besoin d’un véhicule pour faire les deux visites dans la même journée, et bien sûr, notre chauffeur est prêt à nous fournir ce véhicule… Seul hic : le prix qu’il nous propose nous semble tout à fait déraisonnable ! On le quitte donc, et on questionne autour de nous : C’est loin Moray ? Et les salinas ? Pas moyen d’avoir une réponse claire… Le premier nous dit que c’est faisable à pied, le second que c’est à plusieurs kilomètres. Nous nous installons au snack de fortune aménagé sur la place de ce tout petit village, perplexes. Pendant que nous buvons notre café, une voiture passe. Le chauffeur nous hèle. Il propose de nous emmener à Maras pour le prix d’un collectivo. Vendu ! Nous avalons nos cafés d’une traite pour embarquer avec lui.

Une fois en route, notre chauffeur nous propose de faire les deux visites pour un prix tout à fait concurrentiel ! Voilà un chauffeur qui a le sens du commerce ! Nous admirons les magnifiques paysages qui s’étendent autour de nous tout en faisant connaissance avec lui.  Après quelques kilomètres, les cercles concentriques du site de Moray se révèlent. Ancien centre de recherche agricole, les terrasses de Moray auraient permis aux incas de créer une vingtaine de micro-climats différents, et de faire pousser plus de 250 plantes différentes.

Nous enchaînons avec les salines, que l’on découvre avec stupéfaction depuis la route qui les surplombe. De l’eau très fortement chargée en sel sort de la montagne, et par un ingénieux système de canaux, s’écoule dans un labyrinthe de bassins peu profonds. Exposée au soleil, l’eau s’évapore, laissant le sel dans le fond du bassin. Celui-ci est récolté depuis la période pré-inca, et s’il sert prioritairement à l’alimentation, de nouveaux débouchés se dessinent : le sel est mélangé avec des herbes andines plutôt rares, ce qui en fait un condiment de luxe vendu à prix d’or à l’étranger.

Le retour à Cusco est plutôt folklorique, puisque nous prenons le premier bus qui fait route vers Cusco, au même embranchement d’où nous étions partis plus tôt dans la journée. Si la destination finale du bus est bien Cusco, sa route nous emmène sur des chemins cahoteux, à la découverte de petits villages isolés. Sans le savoir, nous avons pris l’omnibus local ! Nous partageons nos sièges avec des mamitas coiffées de leurs éternels borsalinos, leurs énormes paquets emballés dans des tissus colorés, et des jeunes filles de retour de l’école, dans leurs uniformes bien sages. Nous croisons des ânes, des vaches et quelques cochons, l’une ou l’autre fermette, et coincés entre deux sièges tellement proches que nos genoux sont tout écrasés, nous pouvons admirer, une fois de plus, les verdoyants paysages de la vallée sacrée.

3 Responses to Vallée sacrée et Machu Picchu

  1. Alexandre Bertrand

    Il est gènial votre tour du monde, j’aimerais bien en faire partie

  2. Bruno

    Top les photos!!! c’est l’max!!

  3. Philippe

    Gran-di-ose. J’en ai des frissons.

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