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Cusco

Posted by on 2 janvier 2013

Au temps des Incas, quiconque n’avait encore eu l’occasion de se rendre à Cusco devait s’effacer devant toute personne de rang identique qui avait déjà franchi les portes de la capitale du Tahuantinsuyo (l’Empire des quatre régions du soleil). Cette préséance se justifiait par le fait que celui qui avait vu Cusco était empli d’une richesse dont ceux qui n’avaient foulé ses pavés ne pouvaient être dotés.

En entrant dans Cusco, nous sommes donc prévenus. Nous ne pouvons qu’en sortir plus riches !

Tenter de relater l’histoire de Cusco dans un billet de carnet de voyage s’apparente à définir en un chapitre Rome et l’Empire romain. Or, la plus fascinante cité d’Amérique du Sud ne peut être décemment circonscrite dans un simple article. Par conséquent, aux férus d’histoire qui nous lisent, je conseille vivement de plonger dans la débordante littérature à ce sujet, tant l’Inkanato recèle d’histoires passionnantes et tant la capitale de l’Empire, Cusco, transpire de mysticisme et de faste.

Pour ma part, je vais modestement essayer de vous partager mon admiration pour la capitale de l’une des plus riches, des plus étendues, et des plus remarquables civilisations qu’ait connues notre planète.

Une légende raconte qu’au neuvième siècle avant internet, le dieu du soleil Inti créa le premier Inca, Manco Capac, et sa sœur-épouse, Mama Ocllo. Ils naquirent sur l’Isle del Sol, au large du lac Titicaca, et entamèrent une longue marche. Inti dota Manco Capac d’un bâton d’or et lui ordonna de s’installer à l’endroit où il pourrait l’enfoncer dans le sol jusqu’à ce qu’il disparaisse : là serait en effet le nombril du monde (Qosq’o en quechua), auquel le nom de Cusco doit son origine. (Lonely Planet)

En pénétrant dans la gare routière de Cusco, à 3400 mètres d’altitude, après 22 heures de trajet depuis Ayacucho, on est en droit de se demander si ce cher Manco Capac n’aurait pas pu trouver un lieu moins escarpé pour planter son bâton.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est 5 heures. Cusco s’éveille.

Notre chauffeur de taxi traverse les grandes allées de la ville tout en nous faisant déjà la visite. Tout le monde peut s’improviser guide gratuitement dans la cité de Pachacutec. Moulé tout en bronze, le neuvième Inca, le plus mémorable des fils du soleil, nous domine, imposant sa stature du haut de sa colonne. Le nez à la fenêtre, nous devons presque nous démettre une cervicale pour contempler la statue de celui qui repoussa héroïquement les belliqueux Chankas postés aux portes de la ville en 1438, avant de devenir Inca, d’étendre massivement le territoire de l’Empire, et de hisser Cusco au rang de Caput Mundi. Car si Cusco ne s’est pas fait en un jour, à la fin des 25 ans de règne de Pachacutec, toutes les routes semblaient mener au « nombril du monde », plus que jamais nœud ombilical entre les dieux et leur peuple.

On remonte l’Avenida El Sol. Le grand astre ne point pas encore par dessus les montagnes qui enlacent la ville encore engourdie par la fraicheur de la nuit. On pique à gauche, laissant la Plaza de Armas, sa cathédrale, sa compagnie de Jésus, ses boutiques, son Mac Do, son KFC, son Starbucks, profiter de leurs dernières heures de quiétude avant la cohue qui s’y presse quotidiennement.

Notre taxi-guide nous dépose devant l’hostal Andrea, petite auberge familiale nichée à l’intersection de rues qui rappellent furieusement le Kauwberg, le mur de Huy ou celui de Gramont. Du coup, on aimerait s’y sentir directement comme chez soi. Malheureusement, on y trouve porte close. Nous redescendons à pied et nous installons à l’hotel El Solar, sur la place San Francisco. Ce n’est que partie remise. Quatre jours plus tard, nous franchirons tout de même l’entrée voûtée de l’hostal Andrea où nous passerons trois merveilleuses nuits, émus par l’hospitalité et la naturelle gentillesse de Renaldo, le maître des lieux.

 

 

 

 

 

 

 

El Solar a l’avantage de se situer à quelques encablures seulement de la Plaza de Armas, qui magnétise une partie importante de l’attention touristique de la ville. Sur le flanc Nord-Est de le place se dresse la cathédrale, assurément l’un des édifices religieux les plus démesurés au monde, tant de part sa taille, que de part l’ampleur des œuvres qu’elle abrite. Entamée en 1559, à savoir 26 ans après l’entrée dans la ville de Pizarro et de ses conquistadors, sa construction dura près d’un siècle. Les photographies y étant interdites, je ne peux que vous conseiller de la visiter pour vous rendre compte par vous-mêmes tant du génie des artistes qui la bâtirent que de l’extrême mégalomanie et démesure de l’Eglise catholique de l’époque.

 

 

 

 

 

 

Quittons l’époque de la domination espagnole pour déambuler dans les rues à l’est de la Plaza de Armas, l’un de mes plus grands plaisirs à Cusco. Coincés entre le quartier San Blas au Nord, la Plazoleta Nazarenas à l’Ouest, l’Avenida El Sol au Sud et la Calle Maruri à l’Est, ce barrio m’enchante et m’envoûte à chaque foulée. L’architecture de ses édifices attise mon imagination et me transporte. L’enchâssement méticuleux des massives pierres taillées avec une extrême précision par les Incas, les balcons en bois richement sculptés et les cours intérieures de l’époque coloniale, les paysannes en tenue traditionnelle bringuebalant leur lama ou exposant leur étal de vivres ou d’artisanat à même le pavé, les hommes d’affaires en costume-cravatte qui à midi s’enfilent en vitesse un « menu del dia » arrosé d’une Cusqueña blonde, la diversité des genres est à son paroxysme et de nombreuses scènes frisent avec l’anachronisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

San Blas n’est plus qu’à quelques marches de là. Nous assistons à la répétition d’une chorale dans l’église du Saint patron des otorhinolaryngologistes, construite à même la montagne et dont le chœur est visiblement plus haut que le parvis. Les immenses toiles sur les murs latéraux évoquent différentes étapes de la vie de Saint Blaise, un martyr très vénéré à Cusco.

Pour le reste, San Blas regorge d’artisans et d’hippies qui prodiguent à ce petit microcosme une atmosphère très décontractée. Nous en sillonnons les rues pavées et souvent piétonnes avec un plaisir non dissimulé.

La fin de notre séjour à Cusco coïncide avec les célébrations de Noël. Même amnésique, athée, sourd et aveugle, nul n’a pu éviter la naissance du Christ tant les déflagrations des pétards et des feux d’artifice ont tonné et fait trembler les murs et simples vitrages de la ville.

Le 24, de retour de Moray et des Salinas de Maras en milieu d’après-midi, nous prenons un bain de foule au marché de Noël qui a intégralement recouvert la Plaza De Armas. En soirée, nous veillons la venue de l’Emmanuel dans un des meilleurs restaurants de Cusco, le Marcelo Batata, où nous nous délectons en entrée de salade de langoustines pour Belle et de causita pour moi, avant de se pâmer devant deux plats d’alpaca plus délicieux l’un que l’autre.

La fête en famille nous manque et nous compensons aussi bien que possible.

Le 25, nous assistons médusés aux processions hautes en couleurs de « guildes » folkloriques cusquéniennes dans la cathédrale et sur son parvis.

Au final, un Noël pour le moins hors du commun !

Nous quittons finalement Cusco 8 jours après avoir franchi ses portes, bien plus tard que prévu et bien plus riches d’histoires et de souvenirs, comme les récits nous l’avaient prédit.

7 Responses to Cusco

  1. charlotte( je viens d'Hamaïde)

    avez vous vu nos commentaires?Quand changez vous de pays? revenez entier

    • Mbelle

      Salut Charlotte!
      Nous avons quitté le Pérou fin 2012… Et nous sommes maintenant en Bolivie!

  2. laurent je viens d'amhaide

    j’espere que l’alimentation n’est pas trop dur!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • Mbelle

      Salut Laurent!
      Non, figure-toi qu’on mange très bien au Pérou! Mais il faut aimer le poisson, le riz et les pommes de terre!

  3. jane israel je vien d HAMAÏDE

    J ESPERE QUE VOUS ALLEZ METTRE DE BELLE PHOTOS BISOU DE JANE

  4. Bruno

    En tous cas à moi elles me plaisent les photos!!!
    Elles sont carrément géniales, super beau avec les festivités toutes en couleurs!
    Bisous à tous les 2!

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