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Nouvelle-Zélande

Posted by on 15 mai 2013

Lors de l’achat de nos tickets « tour du monde », la question de la durée de notre séjour en Nouvelle-Zélande avait fait débat. Je voulais privilégier l’Australie, soutenant que la Nouvelle-Zélande risquait de coûter très cher, et Chris affirmait que ce serait exceptionnel, et voulait y passer plus de temps. Au final, il s’avèrera que nous avions tous les deux raison.

Pendant notre tour d’Uyuni, nous avions rencontré un couple de « kiwis ». Ils nous avaient affirmé que deux semaines, c’était trop court pour faire les deux îles, et selon eux, l’île du Sud était incontestablement la plus impressionnante. Nous avions donc hésité à réserver un vol supplémentaire pour rejoindre l’île du Sud dès notre arrivée. Mais je suis un peu bornée… Et malgré le fait que notre séjour s’était vu réduit à dix jours, je tenais à voir – aussi – le Nord.

A Santiago, j’ai passé pas mal de temps sur la toile à la recherche d’informations, et plus j’en lisais, plus je m’accrochais à mon idée. Comme pour l’Argentine, notre visite de la Nouvelle-Zélande allait se résumer à essayer d’en voir un maximum en un minimum de temps.

Nous voyageons généralement en mode « packpack ». On ne réserve rien à l’avance, et on avise quand on est sur place. Mais à la lecture des forums sur la Nouvelle-Zélande, je sentais bien que nous allions devoir nous adapter et un petit peu prévoir, si nous voulions voir quelque chose en dix jours… Suivant les conseils des internautes, j’ai donc cherché la meilleure offre pour une location de « campervan » afin de relier Auckland à Christchurch. Malheureusement, le temps m’a manqué pour finaliser notre réservation…

Nous quittons Santiago le 20 février et atterrissons à Auckland le 22, à 4h30 du matin. Le 21 février a disparu dans les hauteurs pendant que nous profitions des films et jeux offerts par LAN Chile. Sensation étrange. En sortant de l’avion, nous sommes un peu déboussolés. On vient de traverser le Pacifique… Et on ne sait plus trop où on est, ni quel jour ou quelle heure il est.

Un peu hagards, on se met en quête d’un moyen de confirmer notre réservation de campervan. On trouve du Wi-Fi mais malheureusement, la confirmation par internet n’est pas possible. Du coup, on appelle le numéro de téléphone d’Auckland mentionné sur le dernier mail reçu. Après plusieurs tentatives infructueuses vu l’heure indue, on parvient à joindre quelqu’un et là, surprise, on nous annonce que tous leurs véhicules sont loués, qui plus est depuis belle lurette ! Nous voilà Gros-Jean comme devant ! Cette petite mésaventure (qui restera un mystère : nous recevrons un mail de confirmation le lendemain disant que le véhicule pré-réservé est toujours disponible et nous attend au dépôt) va nous donner l’occasion de découvrir la fascinante organisation néo-zélandaise. Aller jusqu’à Auckland ne nous tente pas des masses: vu l’heure matinale, on se dit que rien n’y sera ouvert. On part donc à la découverte de l’aéroport, bien décidés à tuer le temps.

Si l’Argentine et le Chili nous avaient paru bien différents de Pérou et de la Bolivie, plus européens, plus développés, à l’aéroport d’Auckland, le fossé avec le reste du monde saute aux yeux, parait immense. Tout est aménagé avec soin, pour le confort maximum des usagers. Tout est indiqué clairement, transports, boutiques, ascenseurs, … Et au cas où malgré cela on chercherait encore quelques chose, un point d’info trône à chaque étage avec une personne souriante toute prête à aider. Des cafés cosy qui servent d’onctueux cappuccinos et de délicieux cookies voisinent des fast-food plus américains. Même les boutiques de souvenirs ont l’air classe. Si partout dans le monde (ou presque) hommes et femmes ont leurs toilettes respectives, ici, un espace supplémentaire est aménagé pour les personnes handicapées (et nous constaterons tout au long de notre périple que le souci du bien être des personnes à mobilité réduite est une constante en Nouvelle-Zélande). Et les toilettes sont d’une propreté impeccable, un plaisir après avoir passé la première partie du voyage sur un continent qui se soucie bien peu de la propreté de ses sanitaires!

Dans un coin juste avant la sortie, des présentoirs remplis de brochures et prospectus attendent le touriste. Nous nous approchons, un peu méfiants après 3 mois en Amérique du Sud à l’idée qu’on tente de nous vendre quelque chose. Mais nous avons du temps à perdre, alors pourquoi ne pas jeter un œil à ces dépliants publicitaires et y glaner peut-être l’une ou l’autre information digne d’intérêt.

Personne ne se jette sur nous. Nous pouvons regarder à notre aise.

« Chouette, il y a des cartes ! Regarde, Chris, une carte de l’île du Nord ! Oh, et ça, ça peut être intéressant, des infos sur les campings ! Et sur les treks ! »

En quelques minutes, nous avons déjà les bras chargés de dépliants, quand une dame finit par nous demander si elle peut nous aider.

Ma foi, on ne perd rien à demander…

« Oui, en fait, oui… Peut-être… »

Et d’expliquer notre mésaventure avec réservation du campervan, notre petit budget, et nos malheureux dix jours pour rallier Christchurch.

Ni une, ni deux, « Madame I-Site » (puisque nous avons mis les pied dans cette institution néo-zélandaise majeure que sont les « I-Site ») nous sort une pub pour des « micro campervan » qui semblent convenir, appelle la société de location, nous apprend qu’ils ont un véhicule disponible, pose des questions (qu’on aurait même pas pensé poser), demande des infos supplémentaires, des prix, prend note, raccroche, fait un petit calcul et nous soumet le bazar. Tel véhicule, à tel prix, qui comprend tel et tel service.

« ça vous va ? »

Un peu que ça nous va !

Elle rappelle donc et, hop, voilà notre campervan réservé qui nous attendra dans l’heure. Sur sa lancée, elle nous dégote même des tickets pour le ferry Wellington-Picton quelques jours plus tard.

Waw!

Pétris de reconnaissance et ébahis par une telle efficacité, nous quittons « Madame I-Site » avec la banane à bord d’un taxi économique (booké par ses soins) en direction de l’entreprise de location (non sans laisser une review dithyrambique sur le service reçu).

C’est parti pour 9 jours de Road trip !

Première étape : Rotorua.

Mais d’abord, s’habituer à la conduite à gauche. Pas évident, surtout quand on a un zoning d’aéroport et une grande ville pour terrain d’apprentissage ! Une fois sortis d’Auckland, on s’offre une petite halte pour manger un morceau, faire quelques courses pour avoir de quoi mitonner un bon petit frichti ce soir au camping, et se remettre de toutes ces émotions.

C’est là que nous attendent notre seconde et troisième découvertes essentielles sur la NZ : tout est hors de prix, mais les gens sont d’une gentillesse incomparable. Alors que nous nous attablons avec nos sandwiches à 10 euros, un homme nous aborde.

« Touristes ? Première fois en Nouvelle-Zélande ? »

Certes. Il a quelques conseils pour nous. Il prend un bout de papier et griffonne quelques infos avant de retourner à son business breakfast.

Suivant ses conseils, nous nous dirigeons vers Te Ahora, un petit bled typiquement néo-zélandais : une grand route traversée de pick-up autour de laquelle une agglomération s’est développée, toute en longueur, comme si le goudron et le ronflement des moteurs attirait les gens au plus près. Des pavillons de plain-pied dont les façades sont couvertes d’un bardage en bois coloré, avec un jardinet bien propret à l’avant, se succèdent les uns aux autres. Dans le centre ville, des établissements façon saloon affichent une carte de fast-food. Mais la petite ville abrite également un charmant domaine Edouardien… « Walk back in time to the late nineteenth century when the medical benefits from bathing, as well as drinking the waters from geothermal springs were highly regarded. » dit le site de la ville. C’est là que nous profitons d’un agréable moment de détente, à barboter dans une « thermal pool » privée, où le jetlag se fait tout doucement sentir… A la sortie, on est à point pour une bonne sieste, mais il faut au contraire reprendre la route, Rotorua nous attend.

 

 

 

 

 

 

 

Le camping où on s’installe une fois le soir tombé offre de nombreuses « facilities » mais nous sommes trop épuisés par cette interminable journée pour en profiter. A peine arrivés, nous préparons notre bivouac automobile. En effet, notre micro campervan est en réalité une simple voiture break, aménagée avec une planche en bois et un matelas pliants pour y dormir. Une sorte de tente peut être arrimée à l’arrière de la voiture, coffre ouvert, pour agrandir un peu l’espace de vie. La nuit est courte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au matin, on découvre la magnifique Redwood forest. Cinq kilomètres à pied sur la « Quarry Track » au milieu des arbres millénaires. Ça réveille ! De là, toujours sur le conseil du néo-zélandais rencontré la veille, on fait route jusqu’aux Tarawera Falls. Clairement un gros détour, out of the track, comme on dit, mais on espère que cela vaudra la peine. Sur la route, on longe des lacs et des lacs… Chris maitrise maintenant la conduite à gauche. On s’arrête pour admirer Blue lake et Green lake avant de rejoindre notre camping par une route poussiéreuse… Le campement, qui borde le Tarawera lake, est perdu au milieu de la nature, et n’accueille que des néo-zélandais. Nous voilà plongés en plein monde kiwi !

Une bonne heure de ballade à travers une nature luxuriante et nous atteignons les fameuses chutes, qui au final, valaient moins la peine que la ballade elle-même ! Le sentiment de sécurité est impressionnant. On est au milieu des bois, mais c’est tellement bien balisé. Au retour, on profite du lac au coucher du soleil et on se baigne au milieu des enfants qui se chamaillent entre eux ou chassent les cygnes depuis leurs kayaks au son de « black swan, black swan »… Il fait déjà noir et la plupart des occupants du camping sont bien au chaud dans leur duvet ou devant un dvd quand nous achevons de préparer notre petite popote sur notre taque à gaz portative : des côtes d’agneau et des petits pois, que l’on déguste religieusement dans le noir, nos lampes frontales éclairant juste le contenu de nos assiettes en plastique.

Levés à l’aube, le 3ème jour, on s’offre une mini ballade à travers les branchages jusqu’à une plage qui borde le lac avant de quitter notre petit paradis, direction les activités géothermiques de l’île du Nord. En route, le « Te Puia », un geyser impressionnant, nous gratifie de ses relents d’œuf pourri. Nous arrivons à Wai-O-Tapu, où nous passons deux heures incroyables à se promener entre lacs purulents, mares fluorescentes et piscines de boue bouillonnantes. L’œuvre de Dame Nature nous laisse pantois.

Grisés par ces paysages exceptionnels, nous reprenons la route jusque Taupo. Encore un lac ! Cette fois, il s’agit du plus grand de Nouvelle-Zélande. La petite ville homonyme en est la porte d’entrée. On s’offre un apéro sur une agréable terrasse. Les prix sont exorbitants mais la vue sur le lac et l’ambiance de pub anglais nous séduisent. On déguste l’un une « Pint » bien fraîche et l’autre un verre de chardonnay local tout en observant les échanges entres générations qui ont lieu à la table voisine.

On dresse le camp dans un « car park » juste à côté du petit port de plaisance qui borde le lac. Le coucher de soleil sur l’étendue lacustre achève de nous éblouir. Quelle journée !

La ballade jusqu’au Huka Falls nous avait été chaleureusement recommandée par plusieurs internautes. Depuis le parking où nous avons passé la nuit, un petit chemin permet de rejoindre Riverside Park, puis la ballade qui mène aux chutes. En longeant les méandres de la rivière, on s’étonne encore de tant de beauté : une eau turquoise coule tranquillement entre les arbres et les falaises abruptes. A un endroit, un promontoire a été aménagé avec soin, permettant aux courageux de s’essayer au saut à l’élastique. Le souci de mettre en valeur les lieux tout en préservant la nature semble être une constante dans ce splendide pays.

Après avoir admiré les flots tout aussi violents que transparents aux chutes, nous rejoignons la rive opposée, afin d’y chercher un chemin alternatif. Nous n’avons pas fait quinze pas qu’une dame charmante s’arrête à notre hauteur pour nous proposer de nous conduire. Désireuse de nous montrer le meilleur, elle nous dépose à un « View Point » surplombant la ville et le lac, d’où nous pouvons aisément rejoindre Taupo.

La route que nous empruntons ensuite à partir de Taupo est étonnante. Nous longeons le Tongariro National Park et ses volcans et les vues sont impressionnantes. Nous nous arrêtons régulièrement pour admirer ces paysages grandioses et prendre quelques clichés. Le trajet nous emmène jusque Wanganui, une petite ville au style assez anglais, sur la côte ouest de l’île. Nous testons à nouveau le produit du houblon et de la vigne néo-zélandais dans un pub qui abrite un courtyard. Nous prenons ensuite nos quartiers dans un camping agréable où nous avons notre propre salle de bain, adjacente à notre place de parking, le luxe !

Le lendemain, nous découvrons les galleries d’art et les rues commerçantes avant de mettre le cap sur notre dernière destination de l’île du Nord, Wellington.

Une fois installés dans une auberge de backpackers accueillante, nous partons à la découverte de la ville. Et c’est le coup de foudre. Nous arpentons avec entrain les rues piétonnes du centre ville, les docks, les jardins, et le quartier de l’université. Une douceur de vivre sans pareille se dégage de la ville. Sur la place du I-Site, où un genre de boule à facettes géante est suspendue dans les airs, des jeunes se prélassent et prennent le soleil. Sur le port, c’est l’heure de l’entrainement. Des centaines de jeunes filles et de jeunes gens rament de concert sur des avirons au son des « one, two, one, two » scandés par leur coach. On dénombre une quantité étonnante de cyclistes et de coureurs, tandis que les cafés et bars se remplissent petit à petit de ceux qui cherchent un autre type de détente après une bonne journée de travail. Sur les docks, les terrasses côtoient les grues et les containers, donnant un charme tout particulier à l’endroit. Dans les hauteurs, de jolies maisons de couleur semblent posées de façon anarchique et offrent une vue époustouflante de la ville, digne des rues de San Fransisco. On pousse jusqu’à Old St Paul, une jolie église à l’anglaise, façon « La petite maison dans la prairie », on découvre le Parlement, et les jardins botaniques. Le soir est tombé depuis longtemps lorsqu’on se résout à rentrer à notre auberge pour voler quelques heures de sommeil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a à peine eu le temps d’apercevoir la richesse culturelle de Wellington qu’il est déjà l’heure de s’en aller. Pourtant, on serait bien restés un peu plus dans cette ville dynamique. Mais notre ferry pour l’île du Sud nous attend. La traversée est matinale mais superbe. A l’arrivée à Picton, nous sommes sous le charme de cette petite bourgade et nous décidons de passer la nuit là. Il faut dire aussi que la fatigue de la route commence à s’accumuler. On est plus très loin de Christchurch, notre destination finale, et on hésite franchement à s’en éloigner à nouveau. Mais poussés par la curiosité, on décide tout de même d’emprunter Queen Charlotte Drive, pour admirer les « Sounds » qu’on a traversés avec le ferry.

Une halte s’impose ensuite à Havelock, au paradis de la moule !

Le Mussel Pot est le seul « point of interest » d’Havelock. Ce restaurant est décrit par tous comme un « Must Do » de Nouvelle-Zélande. N’étant pas indifférents à la gastronomie en général, on se dit que cette attraction-là, elle pourrait bien nous plaire. Et en effet ! Les énormes Green Shell typiques de la région sont ici préparées de mille façons, plus délicieuses les unes que les autres. Il y a là des moules parquées, des moules grillées, des moules en beignets, des moules marinées et j’en passe. On se régale !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En sortant du restaurant, notre décision est prise : il nous reste deux jours, mais on a fait assez de route comme ça, demi-tour, direction Christchurch. Notre dernière étape sera à Kaikoura.

En arrivant nous sommes un peu déçus. La ville n’a pas beaucoup de charme, et ressemble plutôt à une étape pour routiers, malgré la proximité de la mer. Au camping, nous faisons connaissance avec un couple de Suisses fort sympathiques. La cuisine en plein air est battue par les vents et nous avons toutes les peines du monde à maintenir le feu allumé !

Le lendemain, on se dirige vers l’inévitable I-Site. On apprend qu’une ballade permet de faire le tour de la presqu’île, on tient notre programme du jour. Et quelle surprise, une fois de plus. Une fois laissée dans notre dos la « civilisation » de Kaikoura, on découvre sur la presqu’île une nature vierge… Et plein d’animaux ! Un phoque s’est même installé sur le petit terre-plein au milieu du parking et nous fait son show. La ballade est superbe. Au retour, on déguste une demi langouste et des Saint Jacques fraîchement pêchés dans un petit bui-bui. Ce n’est pas si mal Kaikoura !

Les derniers kilomètres qui nous séparent de Christchurch sont avalés avec soulagement. Ras le bol de cette voiture ! On s’installe dans un Holiday park et on craque pour le package internet. Un peu de repos bien mérité !

Christchurch a été en grande partie détruit par violent tremblement de terre en 2011. On n’en attend donc pas grand chose. Mais la visite de « Restart » le nouveau centre ville construit en préfabriqué et en containers est édifiante. Les habitants démontrent une réelle volonté de reconstruire, et de ne pas se laisser abattre. Ce petit microcosme où la vie a repris son cours comme si de rien était est une merveille de créativité et d’ingéniosité.

C’est sur ces bonnes vibes, une fois de plus, que nous quittons, séduits, le pays des kiwis.

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