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Cochabamba

Posted by on 2 février 2013

Nous avons longuement hésité avant de nous rendre à Cochabamba tant il y avait de destinations tentantes possibles à partir de La Paz.

Nos corps épuisés nous réclamaient de descendre sous les 3500 mètres pour la première fois en 3 semaines (c’est à dire depuis Ayacucho, à la seule exception de Machu Picchu qui culmine à seulement 2500 mètres).

Nos esprits fatigués aspiraient à un peu de quiétude après la frénésie pacénienne et le capharnaüm de l’El Solario.

Cochabamba, 2553 mètres au-dessus du niveau de la mer, 5.000.000 habitants, capitale de la gastronomie bolivienne, ville florissante et fleurie, semblait donc parfaitement correspondre à nos attentes. D’autant que le climat y est quasi méditerranéen et que les larges artères comme les étroites ruelles sont merveilleusement plates !

Nous avions craint la nuit comme la chat l’eau et le vampire le jour. On craint toujours la nuit en Bolivie lorsqu’on la passe sur la route ! Du coup, nous optons pour un bus « cama ». Dans ces Rolls Royce du transport routier, les sièges s’inclinent à 180 degrés et sont aussi larges qu’un fauteuil d’avion en business class. Parfait pour une bonne nuit de route en position fœtale ! En outre, on avait sous-estimé l’état de la route. Les ornières et la piste ont cédé face au lobby de Monsieur Mc Adam. La Bolivie, ce n’est vraiment plus ce que c’était ! Ici, en tous cas.

Le jour se lève sur les hauts plateaux du centre et nous restons couchés dans nos fauteuils de nababs à admirer le soleil illuminer progressivement la plaine. Six heures sonnent notre arrivée à destination.

Khocha Pampa, littéralement « plaine marécageuse » en quechua, s’étend dans une cuvette fertile et verdoyante entourée de champs et de basses collines. Son climat agréable lui procure d’abondantes récoltes de maïs, d’orge, de blé, de luzerne, de fruits et d’agrumes. Mais l’un des plus importants greniers du pays ne reste en rien figé en pâmoison dans l’attente que les graines poussent. Au fil des années, cette cité universitaire s’est forgée une solide réputation de fête et d’animation en tous genres. Dans les alentours du couvent Sante Teresa, sur la calle España, de nombreux bars accueillent les Cochabambinos de tous âges qui s’alcoolisent joyeusement avec des jeux pour boire traditionnels.

Mais il n’est que six heures. Seules les aiguilles des horloges publiques se dressent droites et fières. En dehors de la gare routière, la ville est déserte. On remonte à pied l’Avenida Ayacucho jusqu’à la Plaza 14 de Septiembre. Nulle âme qui vive.

Il est sept heures. Les aiguilles de l’horloge ont fait un pas en avant. Un homme promène son chien ; un autre lit son journal. On est plus loin de La Paz qu’on ne le pensait. Le dimanche aurait-il une couleur occidentale à Cochabamba ? Sans doute en partie. Mais pas tout à fait. Nous n’aurons finalement de réponse à cette question qu’en se retrouvant le soir cois devant tous les restaurants porte close. Il y a quelque chose de plus figeant que la pause dominicale : l’Epiphanie. Le 6 janvier est férié en Bolivie.

En début d’après-midi, nous nous rendons à l’extrémité est de l’Avenida de las Heroïnas pour prendre le téléphérique qui mène au sommet du Cerro de San Pedro où se dresse le Christo de la Concordia. Cette statue géante est la plus haute au monde. Elle dépasse de 44 centimètres sa fameuse équivalente de Rio de Janeiro, haute de 33 mètres précisément, en référence à l’âge du Christ à sa mort. Les Cochabambinos ironisent à ce sujet, en arguant que Jésus est mort à l’âge de 33 ans « y un poquito ».

Nous achetons nos tickets pour prendre le téléphérique juste avant d’apercevoir la file immense qui serpente à travers le parc. Nous sommes un dimanche, un dimanche férié, un dimanche férié en plein milieu des vacances scolaires. Bref, on va devoir patienter !

Trois heures et demi plus tard, on monte enfin dans le téléphérique. En haut, la vue panoramique sur la ville récompense notre patience. On monte même à l’intérieur de la statue, espérant naïvement se retrouver sur un mirador mais fort logiquement, la statue ne présente aucun promontoire entre les deux yeux ou sur le haut du crâne ! Ceci dit, nous profitons tout de même de la vue très découpée que nous offrent quelques trous, halos de lumière à l’intérieur de la gigantesque structure métallique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous laissons les « plus patients que nous » refaire la file pour descendre et dévalons les 1250 marches de la colline.

En bas, assommés par le soleil, nous décidons de prendre un collectivo jusqu’au centre-ville. Nous entendant parler en français, Eva, une jeune Bolivienne qui a étudié 5 ans à Rennes, nous interpelle. Au fil du trajet, elle nous dit connaître un couple de belges. Nous étions en manque de contacts pour notre projet « Belges du monde », Eva va nous permettre de rencontrer Nathalie, et très indirectement, Jan et Frederik.

Le soir, la fête bat son plein sur la Plaza Colon où nous assistons aux dernières heures d’une féria qui a débuté 5 jours plus tôt.

Le lendemain, nous nous baladons dans la ville. La vie a repris son cours. Nous nous plaisons beaucoup dans cette ville animée sans être bruyante. Nous visitons le très intéressant musée archéologique. Nous nous régalons de l’almuerzo du El Sabor del Pasaje.

En fin d’après-midi, nous faisons la très agréable rencontre de Nathalie, copine de Thomas, nos premiers Belges de Bolivie. Notre discussion est si prenante que nous devons faire attention de ne pas manquer notre bus. Nous prenons à nouveau un « cama » qui nous amène le lendemain 2000 mètres plus bas, à Santa Cruz, la plus grande ville du pays.

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