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Sucre

Posted by on 28 février 2013

Debout devant la tour Euroclear, je me suis souvent perdu dans mes pensées.

En regardant les touristes fraichement débarqués à la gare du Nord filer vers le centre tout emmitouflés dans leur manteau et luttant tant contre les baleines de leur parapluie que contre leur plan de Bruxelles qu’ils rêveraient imperméabilisé et plus rigide, je me suis souvent demandé ce qu’ils pouvaient penser de ma ville. Comment apprécier la Grand-Place quand on consacre plus d’énergie à éviter de glisser sur les pavés qu’à admirer l’hôtel de ville entre les gouttes ?

Certains jours, en inclinant la tête légèrement vers l’arrière pour m’assurer de capter un maximum de rayons de soleil, je me dis que les visiteurs du jour ne feront que mentir s’ils ne racontent pas à leurs proches que Bruxelles est l’une de plus belles villes du monde.

Cela fait partie des aléas du voyage. La chance qu’on a quelque part se paie un jour ailleurs.

Sucre se charge de régler l’addition que seul La Paz avait pingrement commencé à payer.

Pourtant, tout a si bien commencé. A notre arrivée, nous avions facilement trouvé un charmant hostal recommandé par les baroudeuses. En dépit d’une nuit de bus calamiteuse dans un bus de notre âge et sur une route plus vieille encore, nous avons trouvé l’énergie d’entamer la visite de la ville blanche, mus d’une force notamment motivée par la recherche d’un endroit pour se restaurer.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temps changeant, alternant entre petites averses, ciel couvert et ponctuellement quelques larges éclaircies, nous a permis de voler quelques belles photos lumineuses. Ces clichés ensoleillés sont fort éloignés de notre ressenti et dénotent complètement avec notre souvenir du moment. Nous comprendrons donc aisément que d’aucuns les qualifient de trompeuses et mensongères, nous les taxons de surréalistes et de polies et gentilles gens y percevront peut-être le talent, ou la chance, du photographe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le souci, c’est que les appareils photo s’apparentent aux chats en ce qu’ils craignent l’eau plus que tout. Soigneusement rangé dans son étui et caché au fond du sac lors du reste de notre séjour à Sucre, le nôtre n’a plus vu la couleur du jour.

Quant à nous, à l’exception de quelques très rares sorties, nous avons passé le plus clair de notre temps à l’hostal pour combler quelque peu le retard pris dans la rédaction des articles du site.

Tout cela est bien malheureux tant Sucre est quasi unanimement considérée comme la plus belle ville de Bolivie.

« Fière et distinguée, Sucre est le cœur symbolique de la nation. C’est ici que fut déclarée l’indépendance et, si La Paz est désormais le siège du gouvernement et des finances, Sucre demeure la capitale constitutionnelle du pays. » (Lonely Planet Bolivie, 2010)

Cette succincte définition prend tout son sens en visitant « La Casa de la Libertad ». Cet édifice monumental construit autour d’un joli patio renferme parmi autres joyaux la salle où fut signée la déclaration d’indépendance le 6 août 1825. A la lecture des signatures, face aux portraits de Simon Bolivar, Hugo Ballivian et Antonio Jose de Sucre, on ressent pleinement qu’une scène déterminante de l’Histoire de l’Amérique du Sud s’est jouée entre ces murs.

Pour nous, l’histoire s’arrêtera là.

Nos mollets nous mèneront certes en haut de la rue Grau pour y profiter du panorama sur la ville qui fut baptisée Charcas avant l’arrivée des Espagnols, puis La Plata au début des leur règne et Chuquisaca en 1776 en raison de la multiplication des « La Plata », avant de finalement endosser son identité actuelle en hommage au maréchal Sucre qui encouragea le mouvement indépendantiste.

Mais pour le reste, notre séjour dans l’ancienne capitale indienne de Choque-Chaca se résume surtout en un parcours gastronomique de certaines des meilleures tables de la ville : la saltañeria El Patio, la brasserie hollandaise Florin et la carte française de La Taverne à l’Alliance Française. Finalement, une belle manière de garder d’excellents souvenirs d’une ville où le ciel nous sera tombé sur la tête.

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