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Australia I : en Toyota Kluger

Posted by on 25 mai 2013

L’Australie est souvent dépeinte comment un pays continent et c’est à juste titre, vu les distances gigantesques qui séparent un point d’intérêt d’un autre. Malgré ces distances ubuesques, l’automobile s’impose comme une évidence : les routes sont généralement bonnes (ou alors, elles ne sont praticables qu’en 4×4), les bus, vieux et inconfortables, et les trains, slow and unaffordable.

Par ailleurs, faire le tour de l’Australie relève de l’utopie, à moins d’avoir beaucoup de temps (au moins 6 mois) et une résistance importante à de très longues heures de conduite.

La plupart des touristes ne s’y trompent pas : ils choisissent de privilégier une partie du pays (le plus souvent la côte Est), atterrissent en un point A, mettons Sydney, et repartent d’un point B, Cairns par exemple. Ainsi, ils évitent d’avoir à faire une boucle et des kilomètres inutiles, et ils louent une voiture ou un ‘campervan’ pour parcourir tranquillement la distance qui sépare les deux villes.

Cet état de fait a une conséquence importante dans notre histoire : la relocation. Si les entreprises de location s’en mettent plein les poches, elles ont un casse-tête logistique de taille à résoudre : le rapatriement de leurs véhicules déplacés à travers tout le pays. D’où le développement d’un système qui se veut win-win basé sur des contrats de relocation. à condition d’être flexible sur les dates et les destinations, le loueur peut faire d’importantes économies : les entreprises offrent des tarifs préférentiels pour une location du point B au point A, le véhicule devant impérativement être au point A pour une date donnée.

Soucieux de donner un aperçu exhaustif pour nos amis qui voudraient se lancer dans l’aventure, nous avons testé pour vous 3 formules différentes :

1)    La relocation lente (En Toyota Kluger v6, expérience qui fait l’objet du présent article)

2)    La location classique, avec pick-up et drop-off au même endroit (De Melbourne à Melbourne)

3)    La relocation super rapide (Voir Sydney… Et mourir !)

Sydney figure en troisième position cette année, après Tokyo et Osaka, dans le classement des villes les plus chères du monde. Si nous ignorons tout de ce classement en débarquant à l’aéroport, nous savons, après dix jours chez les voisins, que la région n’est pas forcément bon marché. Mais nous avons pris les devants ! Nous avons été à la pêche aux bons plans. Nous pensons donc pouvoir conjuguer cette réalité économique à coup de nuits en dortoirs et de tambouilles home made dans des backpackers’. Quant à la façon de traverser le pays, nous avons ouï-dire que rien ne valaient la relocation et le camping sauvage.

A peine arrivés dans la pseudo capitale Aussie, nous allons prendre la mesure de notre naïveté…

D’abord, la réalité vient nous frapper sous la forme d’un ticket de train pour le centre ville. 18 AUD par personne. On se dit que l’aéroport est sans doute fort loin, vu la taille de la ville. Mais non ! En à peine 10 minutes, à bord d’une locomotive antique et poussive, nous sommes à Central Station.

Nous prenons la route du backpackers’ le moins cher de la ville, selon Lonley Planet (une option qui ne nous avait pourtant pas réussi dans le passé, nous aurions dû nous en souvenir… Voir La Paz)

Un dortoir de 32 lits, ça aurait dû nous faire reculer, ou du moins, nous faire réfléchir. Le prix attractif n’attire bien sûr pas que des routards et voyageurs au long cours, mais également et surtout un sérieux paquet de jeunes fêtards alanguis, qui ne connaissent de Sydney que sa vie nocturne et la « Church » (nom donné au dortoir) qu’ils occupent plus de jour que de nuit.

Je vous passe les détails de l’odeur de cette grande pièce sans fenêtre, à l’atmosphère climatisée, à notre arrivée en milieu d’après-midi, de la bande d’amerloques qui entre en hurlant au milieu de la nuit, ou encore de la dispute tonitruante entre deux occupants parce que l’un avait déplacé les affaires de l’autre…

Pour se remettre de notre installation, nous prenons, sous la drache, le chemin d’un petit resto coréen. On y déguste, ravis, des plats chargés de saveurs inconnues.

Et voilà. En moins de 24h, nous avons dépensé plus de 200 AUD en un claquement de doigts !

Pressés de nous enfuir, nous bookons notre première relocation pour Canberra, une ville qu’on n’avait pas prévu de visiter, mais tant qu’à faire… C’est tout de même sur la route de Melbourne !

Nous voilà repartis pour quelques jours de road trip ! Mais pas n’importe comment. Nous avons troqué notre vieux break poussif (Voir Nouvelle-Zélande) contre une grosse Toyota flambant neuve. Vu la taille du bazar, on peut dormir dedans. Notre contrat est clair : nous avons trois jours et une limite de 1442 kilomètres pour rejoindre Canberra, distante de Sydney d’à peine 300 kilomètres. ça nous laisse le temps de voir du pays !

On se perd d’abord un peu dans les suburbs de Sydney – il faut dire qu’on n’a même pas de carte routière, ce qui n’aide pas – puis, on prend la route du Sud, et on pique-nique sur un parking.

Après une première journée de conduite, on atterrit à Shellh
arbour Village, un petit bled le long de la côte. Supposé être une destination de vacances prisée, l’endroit est plutôt désert… On passe le temps à une terrasse où on mange à l’heure des poules une pizza US style. A 21h, tout ferme. On se promène un peu. On découvre avec bonheur la piscine d’eau de mer. Puis on rejoint notre campement roulant pour une courte nuit.


Au petit matin, on parcourt la promenade le long de la mer tandis que le soleil se lève. Très vite, on est rejoint par un groupe de femmes, accompagnées de leur coach. C’est la gym tonique, version australienne. One, two, one, two. Elles courent et s’arrêtent en rythme. Flexions, petits sauts, et c’est reparti. Pendant ce temps, les petits vieux en pleine forme promènent leur chien. Echangent quelques mots. Nous gratifient de souriants « good morning ». Ambiance typiquement australienne.

Un peu plus loin sur le port, on découvre des pélicans sur des lampadaires. Les salissures dont ils sont responsables sont impressionnantes !

Après un café à 1$ au ‘7-eleven’, incontestablement le meilleur deal du pays, on profite de la piscine publique, de taille olympique, et des sanitaires y attenant. Cela s’avère bien utile après la nuit tout habillés dans la voiture !

On s’installe ensuite sur une des tables de pique-nique, autour d’un petit déjeuner pantagruélique. Séance d’écriture. Il faut rattraper un peu notre retard !

Puis, on reprend la route, jusque Bass Point d’abord, non loin de là, où on se pose à nouveau quelque temps pour écrire, ensuite à la recherche d’un endroit qui vaille la peine qu’on s’y attarde. On s’arrête à Kiama, pour voir le Blowhole Point et pique-niquer et on repart. On arrive finalement à Huskisson, sur Jervis Bay. C’est paumé mais mignon, et les plages sont très belles. On réserve d’emblée deux places pour le lendemain sur un bateau qui emmène les touristes faire le tour de la baie et voir les dauphins.

On se ballade, ravis d’être posés. Mais le soir venu, c’est la galère pour trouver un endroit pour passer la nuit. Partout, des signes indiquent que le camping est interdit. Or Chris a gardé un souvenir assez peu agréable du réveil nocturne par les flics aux Etats-Unis il y a 8 ans. On hésite donc à enfreindre les règles… On s’installe pour finir dans un parking en pleine ville mais on ne dort que d’un œil…

Au matin, on se dirige vers les plages pour le lever du soleil. Un paysage de carte postale défile devant nos yeux… On partage ce moment avec quelques mouettes… Puis c’est au tour des joggeurs bien matinaux de traverser notre bout de paradis.

Après cela, retour vers le centre pour quelques brasses dans la piscine d’eau de mer d’Huskisson. L’eau est bien froide, ça réveille !

Tout cela nous a donné faim ! Mais l’inconvénient de notre super voiture, par rapport à ce qu’on a connu en Nouvelle-Zélande, c’est qu’il n’y a pas l’équipement du parfait campeur. Pas moyen de se faire un café ! On peut pique-niquer bien sûr, mais pour le reste, on est obligé d’aller au resto… On découvre ainsi un petit établissement charmant qui sert de délicieux cafés et même des croissants chauds. Un luxe qu’on s’offre avec plaisir ! On déguste en lisant le journal.

Après notre mini-croisière sur la baie, divine, entre rencontre des joyeux mammifères marins et découverte de criques isolées, on passe au supermarché et on rejoint Blenheim Beach pour un méga pique-nique fait de pain frais et d’américain préparé maison et une sieste sur la plage. On reprend la voiture pour se balader encore un peu dans les alentours. Là, sur un terre-plein au beau milieu de la route broutent tranquillement nos premiers kangourous ! Rencontre du troisième type ! On s’arrête et on sort l’appareil photo. Même pas farouches, les marsupiaux prennent la pause.

Le soir tombe tôt. On échoue dans un resto thaï passable pour dîner avant de rejoindre notre parking.

Après deux jours de ce régime, la route nous attend. On fait halte au Morton National Park. Une magnifique ballade nous emmène à travers le bush voir des chutes d’eau.

Puis, direction Goulburn, pour une dernière nuit avant de rendre la voiture. A l’I-site de la ville, il y a internet. On en profite, vite, vite, avant la fermeture ! Puis on part à pied à la découverte de la ville. Les larges avenues ne donnent que bien peu d’ombre. On atteint une jolie église en pierre de sable, et on continue notre exploration. Quelque part, un incendie fait rage. On aperçoit de la fumée, et on entend les sirènes de voitures de pompiers qui se précipitent.

Le soir, on cherche un établissement un peu sympa pour passer la soirée mais, comme à Shellharbour et à Jervis Bay, tout semble mort une fois la nuit tombée. On passe devant un endroit qui semble assez select, et on hésite à entrer, de peur de se faire refouler, vu notre accoutrement peu avenant… En fait, l’hôtesse à l’entrée nous accueille chaleureusement. Le Club accepte les non-membres, il suffit de s’enregistrer pour être membre provisoire. Le Goulburn Workers Club semble être l’attraction de la ville, où tout le monde se retrouve, jeunes et moins jeunes, pour un repas ou un verre pas cher, pour regarder un match de rugby ou un tournoi de golf, pour jouer aux machines à sous ou parier sur des courses de chevaux.

Comme nous avons réservé nos places pour un match de rugby à Canberra, c’est l’occasion d’un petit cours. Chris m’apprend les règles de base de ce sport passionnant.

Il nous reste quelques kilomètres pour rejoindre Canberra. Nous sommes sur la route tôt le matin, et c’est tant mieux, car plus on se rapproche de la ville et plus le paysage semble aride et l’air chaud et sec.

Soudain, nous sommes dans l’agglomération. On traverse alors un environnement surréaliste. C’est très vert, avec de grandes pelouses parfaitement entretenues et beaucoup d’arbres, et très moderne. Les bâtiments, immenses, semblent tous être l’œuvre d’architectes. Nous empruntons de grandes avenues à plusieurs bandes.

L’aéroport, par contre, est minuscule, et n’accueille que des vols domestiques. Inhabituel, pour une capitale !

Nous déposons la voiture et rejoignons le centre ville qui nous apparaît aussi peu peuplé que la zone de l’aéroport. La ville semble également étrangère au trafic. Les grandes avenues sont bordées de hauts buildings, qui se succèdent les uns aux autres dans une monotonie parfaitement organisée, donnant au quartier un style rectiligne, carré et impersonnel. L’un de ces immeubles abrite un YHA, la branche australienne d’ « Hostelling International », où nous avons choisi de loger.

En 2013, Canberra fête ses cent ans. La ville organise pour l’occasion plein d’évènements tout au long de l’année. L’un de ces évènements a justement lieu ce weekend, ce qui signifie affluence de touristes. On est surpris, tant la ville nous parait vide, d’entendre que le YHA, pourtant un building d’au moins 8 étages, est presque plein. N’ayant pas réservé, on se retrouve donc dans des dortoirs séparés.

Pour cette première journée dans la capitale australienne, nous avons programmé deux activités emblématiques du pays : la visite du War Memorial et un match de rugby qui oppose les Brumbies de Canberra aux Waratahs de New South Wales.

Le musée est clairement au-dessus des attentes. Le mémorial en lui-même est magnifique. Le guide qui nous emmène à travers les couloirs sans fin du bâtiment et ses salles climatisées en connaît un bon bout sur l’Histoire du vingtième siècle et les guerres qui l’ont émaillé. Devant les maquettes 3D qui en mettent en scène les moments clés, il parle avec ferveur des batailles qui ont eu lieu en France, en Belgique ou en Grèce alors que nous ignorions même avant cette visite que des australiens avaient été sur les champs de bataille en Europe. Son débit de parole est même un peu rapide pour les francophones que nous sommes.

Quant au match, si les supporters australiens n’ont en rien l’énergie et la passion des fanatiques peinturlurés et chantants qui remplissent les stades belges, nous avons pour notre part apprécié le beau jeu qui se déroulait devant nous, et encouragés les Brumbies que nous supportions pour l’occasion à pleins poumons !

Le dimanche, nous empruntons le « Century Loop », un bus affrété pour le centenaire de la ville qui en fait le tour gratuitement, pour rejoindre Parliament’s House. Un bâtiment moderne énorme et complètement symétrique, qui s’inscrit parfaitement dans la logique géométrique de la ville.

Si nous avons aimé l’atmosphère agréable et extrêmement secure de la ville, son architecture trop parfaite où tout a été pensé de manière globale et ses bâtiments démesurés nous ont bien vite lassés. On dirait un projet de lotissement, harmonieux et linéaire, dont l’architecte serait devenu mégalo ! On dirait qu’il s’est emballé, imaginant une grande ville à la croissance rapide, nécessitant les routes les plus larges et les immeubles les plus hauts. Aujourd’hui tout ce gigantisme donne le vertige… Et la ville paraît bien trop grande pour ces quelques 400 mille habitants.

N’ayant trouvé aucun contrat de relocation pour Melbourne, c’est en bus que nous rallions la deuxième ville du pays, de nuit.

2 Responses to Australia I : en Toyota Kluger

  1. PETIT

    on suit vos avatars avec passion, avec étonnement, avec quelques angoisses quelquefois
    ce n’est vraiment pas un voyage de noces ordinaire
    mais quelle belle expérience

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