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Pauline Evers

Carnet d’amis

Nom : Evers

Prénom : Pauline

Âge : 30 ans

Signe astrologique : Scorpion

Ville d’origine : née à Maastricht, a toujours vécu à Leuven

Résidence actuelle : Ayacucho, Pérou

Film préféré : Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

Musique préférée : world music, jazz

Plat préféré : Lomo Saltado. Elle adore aussi les fruits et les jus qu’on trouve au Pérou.

Personne de référence : le Dalaï Lama

Profession : Manager d’un hôtel et d’un restaurant (le Via Via Café d’Ayacucho)

Date de l’expatriation : 17 Septembre 2007

Belgian blues : Sa famille est ce qui lui manque le plus.

La première fois qu’elle est rentrée en Belgique, elle s’est jetée sur tout : chocolat, frites, fromage,… Mais maintenant, cela ne lui manque plus trop. Surtout qu’elle apprécie la cuisine péruvienne.

Le fait qu’il n’y ait pas au Pérou de saisons aussi marquées qu’en Belgique est un peu perturbant.

Et puis, c’est vrai qu’être à Ayacucho, c’est être très isolé… Parfois, cela manque de pouvoir sortir, aller un concert par exemple ! Et il y a des tas de choses qui ne sont pas possibles, surtout avec un enfant, comme circuler à vélo ou aller à la piscine. Pour le vélo, les choses changent petit à petit : le dimanche, ils ferment certaines rues, alors il faut en profiter !

Atout belge : Être belge et avoir un passeport qui permet de voyager c’est un véritable atout. On ne se rend pas toujours compte de notre chance…

Elle aime : la facilité de vivre ici, c’est « easy going ». Tout peut se décider à la dernière minute. Pas besoin d’organiser ou de planifier ! Le jour même, on peut décider le luncher ensemble ou de se retrouver chez quelqu’un le soir. En Belgique, c’est tellement compliqué de gérer les agendas des uns et des autres. Et puis les gens vont facilement au resto, ils restent rarement chez eux. Il faut dire qu’ils ont en général une pause de midi de 13h à 15h !

Elle n’aime pas : la discrimination entre les péruviens. Cela peut être un avantage d’être la « gringa », mais parfois, cela peut vous mettre dans une situation inconfortable.

Son parcours

A la lecture du Lonely Planet, nous apprenons qu’Ayacucho abrite un « Via Via Café », un concept belge implanté en de nombreuses villes dans le monde. Nous nous y rendons donc pour prendre un café avec l’espoir de rencontrer le ou la manager du lieu, supposément belge. L’endroit est extrêmement agréable, au point que nous y passons presque toute la journée, et Pauline, enthousiaste à l’idée de notre projet, nous fixe rendez-vous pour le lendemain.

Née à Maastricht, mais ayant toujours vécu à Leuven, cette belge dans l’âme ne se destinait pas du tout à gérer un établissement hôtelier, mais le hasard d’une rencontre va lui donner l’occasion de vivre cette expérience intense !

Après des études d’économie, Pauline intègre un programme de volontariat auprès d’une organisation danoise. Elle suit une formation pendant 6 mois au Danemark, avant d’être envoyée sur le terrain en Zambie, dans une petite communauté villageoise, avec une jeune finlandaise, Mina, avec qui elle se lie d’amitié.

Là-bas, elles participent à la création d’une école et d’un dispensaire, organisent des formations à l’hygiène et à la santé, donnent cours d’anglais, et aident notamment au lancement d’un programme de microfinance.

Après 8 mois, Pauline quitte la communauté, et part sac au dos explorer les alentours de ce petit coin d’Afrique.

De retour en Belgique, elle entame des études de développement, tout en restant un peu sceptique vis à vis du fonctionnement de la coopération au développement et des ONG en particulier.

Lors de la semaine de l’économie sociale, elle assiste à un cycle de conférences. Le fondateur du groupe Livingstone, Bob Elsen, y participe (Ndlr : Livingstone est un groupe qui englobe des entités comme l’agence de voyages Joker (à l’origine d’un nouveau style de voyages organisés, en petits groupes de 10 personnes maximum, en transports locaux, pour rencontrer les populations locales), l’ONG Livingstone Dialoog, Caravan (une école de formation de guides de voyage) ou encore les Via Via Cafés).

A l’occasion du drink qui suit une conférence, elle fait connaissance avec l’orateur, et le courant passe bien entre eux. Elle lui parle de son expérience en Zambie, et de ses doutes quant au système « classique » de coopération. Bob Elsen lui fait alors une proposition : son organisation a fait l’acquisition d’un bien au Pérou et souhaite y implanter un Via Via Café.  Elle pourrait y aller, faire l’étude de faisabilité et lancer l’affaire.

Bien que dénuée de toute expérience dans ce domaine, Pauline n’hésite pas longtemps. L’occasion est trop belle de mettre en œuvre son esprit entrepreneurial, conjugué à l’excitation de découvrir une nouvelle culture et la potentielle satisfaction d’œuvrer au développement de la population locale.

Mais on ne s’improvise pas restaurateur ! Pauline fait donc appel à son amie Mina, chef dans un restaurant, pour lui donner un coup de main. L’organisation l’envoie également un mois à Jogjakarta, en Indonésie, pour s’imprégner du concept de Via Via développé là-bas.

Les premières années ne sont cependant pas faciles. De gros travaux de rénovation sont entamés, et Pauline se retrouve confrontée à des soucis bien éloignés de ceux d’un restaurateur ou d’un hôtelier : elle doit gérer un chantier et ses aléas : entrepreneur défaillant, retards d’exécution, non respect du cahier des charges,… A cela s’ajoutent les tracasseries administratives, et les délicats contacts avec les autorités locales.

Après deux ans d’incertitudes, elle peut enfin envisager l’ouverture de l’établissement. Mais coup du sort, Mina, enceinte, est rentrée en Finlande. Pauline se retrouve donc seule.

Le Via Via Café ouvre cependant, et c’est aujourd’hui un des endroits les plus agréables d’Ayacucho. De plus, l’établissement a un mode de fonctionnement assez innovant dans la région.

En matière d’emploi, par exemple, l’établissement emploie 36 personnes, qui perçoivent un bon salaire. Ce n’est pas la norme dans le secteur de l’Horeca… C’est plutôt l’exploitation qui règne en général dans ce secteur au Pérou !

Au delà du bon salaire, la volonté de Pauline était d’établir des rapports humains agréables au sein de l’établissement. Mais cela n’a pas été facile de se faire sa place en tant que « gringa ». Se faire respecter, ne pas se faire « avoir », mais aussi gagner la confiance des employés et pouvoir leur faire confiance, c’est tout un programme ! Pauline essaie de minimiser la tradition de hiérarchie dans le travail, mais il faut du temps pour que les mentalités changent, et les gens doivent s’habituer.

Le binôme que Pauline forme aujourd’hui avec son compagnon péruvien, qui travaille également au Via Via, a facilité les relations avec les employés. Mais la conception européenne des relations de travail n’a pas toujours été facile à mettre en œuvre ni bien comprise ! C’est un exercice périlleux de trouver l’équilibre entre les belles théories d’économie et de ressources humaines apprises sur les bancs de l’université et la réalité péruvienne.

Il faut dire que les employés se sentent ici comme dans une famille. Chacun vient avec ses problèmes. Il y a beaucoup de mères seules, ou de femmes dont le mari n’est pas « utile » parce qu’il boit par exemple. L’alcoolisme est très fréquent, de même que les problèmes d’abus sexuels. C’est une région qui a beaucoup souffert dans les 20 dernières années… Il y a beaucoup de problèmes sociaux, c’est plus commun d’avoir des problèmes que d’être une famille heureuse. Pauline se sent parfois plus assistante sociale que manager !

D’autre part, le café s’appuie sur des relations de partenariat avec des communautés locales pour toute une série de choses : les chaises du café sont faites par une ONG qui propose des formations à des enfants des rue, notamment pour devenir charpentiers. Les lits aussi. Les brownies sont aussi l’œuvre d’une association qui s’occupe d’enfants.

L’établissement vend aussi des cartes postales ou d’autres produits d’artisanat faits par une association qui gère une crèche où les mamans peuvent mettre leur enfant gratuitement pour pouvoir continuer leurs études.

Pauline peut être satisfaite du travail accompli. En effet, ce n’est pas le travail d’une ONG classique, mais le Via Via apporte sa petite pierre au développement de la région.

Découvrez le site du Via Via café d’Ayacucho ici.


One Response to Pauline Evers

  1. Ol

    Tellement beau de lire tout ça. Jepasse un superbe moment avec vous ici. Prenez soin de vous et saluez le monde pour moi

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