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Luc Van de Goor

Carnet d’amis

Nom : Van de Goor

Prénom : Luc

Âge : 66 ans

Signe astrologique : Taureau

Signe particulier : La joie de vivre

Ville d’origine : Il est né à Molenbeek Saint Jean et a vécu à Wezembeek jusqu’à ses 23 ans.

Ville actuelle : Tailem Bend, en Australie (près d’Adélaïde)

Film préféré : Vol au-dessus d’un nid de coucous

Musique préférée : Keith Jarett et Pink Floyd

Plat préféré : Les tomates farcies

Personne de référence : Luc admire Nelson Mandela. Aug San Su Kui est également une femme inspirante.

Profession : « Jack of all trade » comme on dit en anglais. Luc a touché à tout : mécanique, plomberie, construction, électricité,…

Date de l’expatriation : septembre 1969

Belgian blues : Aucun. Luc n’a jamais eu le mal du pays.

Atout belge : Quand il est arrivé, les gens en Australie n’avaient aucune idée de ce qu’était la Belgique ! Ils croyaient que c’était en Allemagne ou en Afrique ! Donc il est difficile de parler d’un atout belge.

Il aime la vie !

Il n’aime pas la violence, en particulier faite aux femmes et aux enfants.

Son parcours

Nous n’avons pas hésité une seconde à nous détourner de l’itinéraire initial pour aller à la rencontre de Luc. Se dévoyer, dévier de plus de 600 kilomètres, ce n’est pourtant pas anodin. A posteriori, il nous semble même étrange d’avoir tant insisté pour se rendre à Tailem Bend.

Qu’est-ce qu’on peut être bien inspiré parfois !

La route a été longue depuis Port Fairy. On a voulu l’écourter. On s’est fait arrêter par la patrouille. On a quitté le Victoria pour South Australia. On n’a pas jugé nécessaire de mettre du carburant dans le bled X à plus de 100 kilomètres du but, la fermeture dominicale de la station du bled Y nous a offert quelques stressants kilomètres sur la réserve avant d’être sauvé par Dieu-BP aux abords de Tailem Bend. Reste à trouver Luc. Nous ratons la bifurcation par deux fois. Nous y sommes ! Numéro 32, c’est-à-dire à 320 mètres de la route principale.

On ferme la voiture ; Luc ouvre sa porte.

« Bonjour la jeunesse ! » Luc nous prend dans ses bras. « Bonjour Chris. Bonjour Belle. » Le ton est donné. Avant de passer le seuil de la porte, on sait qu’on est ici chez nous.

Luc atterrit en Australie en septembre 1969. Le pays a besoin de main-d’œuvre et attire de nombreux jeunes de partout dans le monde.

En Belgique, Luc ne trouve pas sa voie. Il se sent enfermé. Partir, c’est s’évader. Son idée est claire : passer quelques années aux antipodes et revenir riche en Belgique.

A son arrivée, il travaille en premier lieu dans une station-service à Melbourne et puis trouve du travail dans les mines de Dampier au Nord-Ouest. Luc y fait de très belles rencontres. Certains deviendront des amis comme David, un Canadien qui lui prête « Le troisième œil » puis « Docteur de Lhassa ». Il commence à s’intéresser à la philosophie. Il lit Jean Giono. De nouvelles lignes de crête dessinent l’horizon. De nouvelles destinations l’intriguent et le passionnent. Le Tibet et l’Inde culminent au dessus de toute autre. A Dampier, Luc travaille dans la mécanique, puis en tant que soudeur. Autodidacte attentif, il apprend des autres et par lui-même.

Mais c’est l’heure de la première traversée du pays. Il part à la découverte de l’Australie en stop. Il rencontre d’autres jeunes, qui vivent près de Woolomoolo, dans la banlieue de Sydney. Il a sa prochaine destination. Il y partage quelques temps une maison avec des étudiants avant de rejoindre Paraburdoo, au milieu du bush, où il est engagé en tant que chauffeur de camion près des mines d’amiante. Volontaire au travail, Luc se fritte avec les syndicats. Les insultes pleuvent. Il se fait voler sa radio et son appareil photo. Cette mésaventure quasi anecdotique va déclencher un profond changement de perspective. A la colère des premiers instants succède la prise de conscience qu’il s’attache trop aux choses. Le lendemain il quitte son poste et abandonne le matérialisme. Finie la course à la fortune. Luc se rend compte qu’il est débile de penser qu’on devient quelqu’un quand on devient riche.

Il rejoint Sydney en 1971, pose son baluchon dans une maison communautaire. En deux ans, le chercheur d’or se sera transformé en chercheur de sens, en hippie quoi. Finalement, l’alchimie consiste peut-être à transformer le tangible et le matériel, en impalpable et en idées. L’Eldorado n’offre pas forcément le paysage que l’on imagine au départ.

En 1972, Luc repart sur la route. Il découvre la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, Fidji et la Nouvelle-Calédonie. Très souvent reçu chez l’habitant ou emmené chez les gens qui le prennent en auto-stop, il découvre ces contrées.

Les îles du Pacifique dégagent d’envoûtantes senteurs bohèmes.

Retour en Australie et nouveau port d’attache, éphémère évidemment … : Perth, sur la côte ouest. Maison communautaire comme d’habitude. Petits boulots et longs voyages conjuguent à nouveau le présent. Le futur, lui, est à trouver quelque part dans le passé. En 1974, Luc revoit Patricia, qu’il avait rencontrée en Nouvelle-Zélande. Ils se mettent en couple et s’installent dans une maison communautaire à Adélaïde. Patricia est diététicienne et deviendra la mère de ses enfants : Sam et Eléonore. Luc comprend qu’ils sont partis pour faire un bon bout de chemin ensemble. Alors qu’il n’avait jusqu’ici rien planifié, il sent qu’il est temps de jeter l’ancre quelque part. Ils éprouvent le besoin de trouver un endroit où habiter ensemble et construire leur foyer.

Ils se mettent à la recherche d’un terrain avec leur ami Hermann. Ils jettent finalement leur dévolu sur un lopin de terre en friche et en pente à Tailem Bend, le long de la Murray River. Hermann y voit le potentiel de vivre le long du premier fleuve du pays ; Luc y voit juste un espace suffisant pour assurer sa sécurité physique. En cas de coup dur, il y aura toujours moyen d’avoir de l’eau, de produire de l’électricité et de cultiver son potager et son verger. Ils coupent le terrain en deux parties égales. Luc se met à débroussailler ses deux hectares et à construire par lui-même et avec l’aide de Patricia, sa propre maison, avec des matériaux de récup’. Il plante une trentaine d’arbres fruitiers. Il installe une éolienne de seconde main (1954) qu’il remet en état pour pomper l’eau de la rivière qui arrosera son verger et potager. Il construit et installe deux panneaux solaires qui fourniront l’eau chaude.

La famille s’y agrandit. Sam et Eléonore voient le jour. En 1980, ils décident de partir voyager en Inde alors que les enfants ont 3 ans pour l’un et dix mois pour l’autre. A leur retour, Luc termine la maison. Il s’était toujours fixé comme objectif d’avoir son « chez soi » payé pour ses 35 ans. C’est chose faite. Pas de dette, et une maison faite main, un toit fait maison ! Sécurité physique pour la famille.

Mais l’entente cordiale avec Hermann ne dure pas. Les tensions sont si vives qu’ils sont obligés de quitter leur nid et de louer leur maison pour s’installer 5 ans à Port Augusta, à 300 km au nord d’Adélaïde. Luc est de plus en plus polyvalent, passant d’un boulot à un autre, en ce compris l’alphabétisation des aborigènes, et construit en grande partie une deuxième maison qui sera vendue avant leur départ. Alors que Sam et Eléonore ont respectivement 10 et12 ans, toute la famille reprend la route pour un an autour du monde.

De retour chez eux à Tailem Bend, Luc commence un business de gaufres de Liège. Il investit dans des gaufriers et se met à vendre dans les marchés. Mais s’il a adoré mettre sur pied ce nouveau projet, la partie vente ne lui convient guère et il s’en lasse rapidement. Il se lance alors dans les métiers de la construction. Fort de son expérience dans sa propre maison, il empile les contrats. Néanmoins, deux conditions dictent ses choix : il ne commence jamais avant 10h du matin, et travaille au plus 4 jours par semaine. S’il travaille 20 heures par semaine, c’est bien, mais il est content avec 10 heures. Il faut garder du temps pour soi et pour cultiver ses centres d’intérêts.

Après bien des occupations diverses, sa préférée sera toujours pour lui celle de père au foyer qu’il aura pratiquée durant 20 ans.

En 1998, il travaille avec son ami Lance qui développe des techniques de construction avec des ballots de paille : une merveille d’isolation ! Il améliore ses installations de captage d’eau de pluie et de pompage d’eau de rivière. Il repeint des maisons défraichies. Il voyage. Il se perd des heures dans son atelier rempli d’objets et d’outils récupérés ci et là.  Il devient opérateur de nuit sur un ferry de rivière. Il voyage. Il poursuit sa recherche de la compréhension de l’Univers ; le jeune communiant qu’il était à 7 ans a depuis parcouru de nombreux kilomètres de lectures philosophiques et théologiques. Il répare la plomberie chez l’un ou l’autre. Il révise des véhicules. Il voyage, encore et toujours. Il se passionne pour les oiseaux de la région et pour les merveilles de l’écosystème qui l’entoure. Il devient pensionné. Fait quelques bricoles chez l’un, chez l’autre. Il installe neuf panneaux photovoltaïques qui fournissent le double de sa consommation d’électricité. Il marie ses enfants. Il voyage. Il achète sa première Hilux. Il prépare la grande boucle autour de l’Australie pour l’an prochain. Avant cela il placera dans sa maison l’air-co récupéré d’une école primaire.

Et puis, il reçoit. A savoir, il donne. Il reçoit les oiseaux de passage, comme nous ou les amis de longue date qui passent de très festives soirées ping-pong dans le salon. Dans tous les cas, c’est la bonne humeur qui prime. Une vraie rencontre.

 


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