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Frederik Materna

Le parcours.

A Samaipata, tout le monde se connaît. Lors de notre rencontre avec Jan, ce dernier nous renseigne un autre belge dans les environs. Frederik, alias Frederico, vit à 18 km du village de Samaipata, où il a créé une réserve écologique baptisée « Los elementos ».

Las Miscas, l’endroit où vit ce belge pas comme les autres n’est pas couvert par le réseau de téléphonie mobile, et malgré plusieurs tentatives, il nous est impossible de le joindre. Mais le matin de notre départ, quelqu’un nous dit l’avoir vu à Samaipata, vendre son miel au marché. Il ne nous reste que quelques heures, à nous de trouver l’homme à la moto orange, barbu et coiffé d’un chapeau vert pointu !

Quelle chance ! Nous le croisons par hasard dans la rue du marché, et il nous invite à venir visiter son domaine, et nous y installer quelques jours si nous le désirons.

Mais tout d’abord, il nous faut trouver un taxi man qui connaît la route et qui est prêt à nous y emmener tous les 6… Nous sommes en effet accompagnés de 2 de nos baroudeuses, et de 2 canadiens rencontrés au El Jardin, curieux de découvrir la réserve écologique de Frederik. Ces deux Québécois, installés en Equateur depuis 2 ans, à Vicabamba, un domaine autosuffisant, pour y faire du chocolat, partagent entièrement les idéaux de Frederik.

Après une heure de piste caillouteuse, nous terminons le trajet à pied, coupant à travers bois, et traversant même une rivière, pour atteindre ce petit coin de paradis à l’abri des regards.

Malheureusement, nous sommes pressés par le temps et devons décliner l’invitation pourtant très tentante d’une soirée musicale au coin du feu et d’une pizza au feu de bois… Le parcours de Frederik, si riche, nécessiterait pourtant qu’on s’y attarde un peu plus.

Après une scolarité classique en Allemagne, Frederik est encore jeune quand il décide de partir pour l’Espagne. Rebuté par la voie classique, et ne se sentant pas vraiment à l’aise dans le modèle éducatif et économique de la société occidentale, il cherche autre chose. Il confectionne des produits artisanaux, s’intéresse au travail du cuir, au macramé, et vend le produit de son travail sur les marchés.

Curieux d’apprendre de nouvelles choses, il touche un peu à tout. Il lit énormément, et acquiert petit à petit de nouvelles compétences au contact des autres. Il apprend notamment à fabriquer des instruments de musique.

Mais Frederik rêve d’une autre vie, d’une autre société. Les années passant, un constat apparaît : il y a trop de barrières en Europe pour pouvoir vivre comme il le souhaite, pour développer le monde qu’il souhaite. La société de surconsommation européenne est incompatible avec ce à quoi il aspire, son idéal de vie autosuffisante et non consumériste, ses idées d’une société basée sur l’échange des connaissances, l’échange non monétaire de biens et services, le partage, le troc, et la communion avec la nature.

Il s’envole donc pour l’Amérique du Sud dans l’espoir d’y vivre de nouvelles expériences. Dans un premier temps, il voyage beaucoup. Il reproduit le même mode de vie qu’en Espagne  sur les routes sudaméricaines. Il parcourt le continent, toujours à l’écoute des autres et désireux d’échanger, et de connaître de nouvelles techniques.

Après plusieurs passages dans la région de Samaipata, séduit par les lieux, et l’énergie positive et spirituelle qu’ils dégagent, il entame un revirement fondamental par rapport à sa vie de nomade en acquérant pour une bouchée de pain 35 hectares de terrain dans les hauteurs de Samaipata.

Le titre de propriété en poche, il revient néanmoins vivre quelques années en Belgique, où il fait les marchés médiévaux, et prend plaisir à jouer au lutin, du haut de ses au moins un mètre nonante !

De retour en Bolivie, il s’installe définitivement sur ses terres, et commence à les développer. Il s’essaie à la culture des pommes de terre et du maïs mais les oiseaux se servent avant qu’il n’ait pu profiter du fruit de ses récoltes. Il agrandit la petite maison, l’améliore et la transforme. Il construit en « tabique », cloison en bois, qu’il recouvre de terre. Il plante des tomates, de la roquette et du basilic, et sur les conseils d’un ami, s’essaie à l’apiculture. De la lavande ramenée de France lui permet de donner un petit goût très apprécié à son miel.

Pour gagner un peu d’argent, il vend ce miel au marché de Samaipata, mais pour le reste, il essaie d’utiliser le troc. Son voisin, qui est meilleur que lui pour les pommes de terre les lui échange contre des tomates.

 

 

 

 

 

 

 

Il nous fait faire le tour du domaine, accompagné de son chien, et nous montre sa douche naturelle, aménagée dans la rivière. On prend ensuite un chemin dans la jungle qu’il appelle le chemin des Irlandais, parce qu’il a été tracé une semaine plus tôt par des volontaires irlandais.

En effet, de temps à autre, des jeunes en quête d’une expérience de vie plus proche de la nature viennent ici comme volontaires, pour aider à défricher un chemin ou à planter. Frederik, mu par ce désir de partage, est heureux de ces visites.

Au retour, il nous montre ses ruches, puis ses plants de tomates, de basilic et de roquette. On y goûte avec délice.

 

 

 

 

 

 

 

De retour à la maison, il nous fait thé aux herbes ramassées dans le jardin. Après 2 mois en Amérique du Sud, on découvre des saveurs insoupçonnées. Après réflexion, on n’est pas sûr d’avoir des saveurs pareilles, même en Europe. Ça a le goût du vrai… On refait le monde tous les sept pendant une heure. On passe des bienfaits de l’éducation informelle aux avantages d’une vie plus proche de la nature. On évoque la recherche spirituelle, et Frederik nous confie son désir de voir son domaine devenir un endroit de retraite et de méditation.

Nous quittons Frederik admiratifs devant ses choix et la façon dont il les assume. Nous sommes frappés par cette capacité qu’il a à aller jusqu’au bout des choses pour atteindre son idéal de vie.

Si certains d’entre vous viennent se perdre dans cette époustouflante région et sont en recherche d’un endroit idéal pour la méditation en pleine nature, nous vous conseillons vivement de contacter « Fede » à l’adresse suivante: elementosdelamisca@gmail.com

 

 


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